hasse aux nazis : "Comment nous avons tué Aribert Heim"
Chasse aux nazis : "Comment nous avons tué Aribert Heim"
PAR ANTHONY PALOU.
Un fascinant document à paraître le 16 octobre raconte la traque d'un des derniers grands criminels nazis. En avant-première, rencontre avec Danny Baz, qui fut un des acteurs de l'opération.
«Je mange, bois, respire Aribert Heim.» L'homme qui a écrit cette phrase est de passage à Paris. Il arrive de Kinshasa. L'Afrique noire semble le fasciner. Là-dessus, on n'en saura pas plus. Petites lunettes cerclées de fer blanc, cheveux courts poivre et sel, le regard un peu torve, conséquence d'une blessure à l'oeil droit, signe extérieur du baroudeur, il doit avoir une petite cinquantaine. Cet homme s'appelle Danny Baz. Ça ne vous dit rien. C'est normal. Lorsque vous lirez son livre *, vous ne l'oublierez plus. Ne cherchez pas à voir son visage : il n'y aura pas de photos de lui dans la presse. L'homme ne veut pas apparaître. Pas envie d'être la victime d'un néonazi surexcité qui le reconnaîtrait. On ne sait jamais.
«La chouette» et «le rat»
Danny Baz est israélien, d'un père marocain et d'une mère roumaine. Colonel de l'armée de l'air, pilote, spécialiste des missions secrètes, il est donc celui qui a traqué le dernier grand criminel nazi, Aribert Heim, celui que les déportés du camp de Mauthausen appelaient le «Doktor Tod» («Docteur Mort»). Jugé et exécuté par une organisation secrète dite «la Chouette» en 1982, sur la petite île de Catalina, située à quelques encablures de la côte californienne, il n'y a plus la moindre trace du corps de Heim. Deux ans auront été nécessaires à la Chouette pour capturer celui qu'elle surnomme «le Rat». La Chouette (oiseau prédateur du rongeur) fut créée par des survivants de l'Holocauste et financée par de riches mécènes. Sa devise : «Souviens-toi, ne pardonne pas, poursuis-les pas à pas.» Aucune pitié, aucune compassion n'est à l'ordre du jour. Pour Danny Baz, comme pour tous les autres membres de la Chouette, il est impossible de respirer, de vivre tant qu'un nazi est encore en vie sur cette Terre. Mais qui est Aribert Heim ? «Comme la plupart des gens, je ne connaissais pas le nom de Heim, avoue Danny Baz. Je connaissais Josef Mengele, le médecin d'Auschwitz-Birkenau. Quand j'ai lu les documents sur lui, c'était clair pour moi, il fallait le tuer.» Heim, un nom qui fait froid dans le dos. Un des médecins les plus sanguinaires, connu pour ses «opérations inutiles», ses vivisections sans anesthésies, ses «cocktails de la mort» (injection de pétrole dans les poumons ou le coeur de ses victimes). Les déportés espagnols appelaient ce boucher «El Banderillo». Le salaud parfait.
La traque d'Aribert Heim racontée par Danny Baz est fascinante par son côté romanesque. Pas facile, tout d'abord, de localiser le Rat sur le territoire américain. Pourquoi les Etats-Unis ? Que faisait ce bourreau nazi dans le pays de Roosevelt ? «Les Etats-Unis n'ont jamais eu une attitude claire avec les anciens nazis. Ils en ont protégé des milliers, s'en sont servi pendant la guerre froide. Lorsque j'ai raconté ça, personne ne me croyait. Même en Israël, j'ai été attaqué, mais aujourd'hui tout le monde le sait.» Baz continue sa charge antiaméricaine : «Je déteste ce pays pour avoir joué un double jeu après la guerre. Les Américains ont une double morale. Ils savaient tout et n'ont rien fait.»
Les moyens déployés par la Chouette sont colossaux, digne du Mossad qui, d'ailleurs, fut très impressionné par l'opération «Heim». Tout d'abord, il faut attendre le moment opportun pour capturer le Rat. La première fois que Danny Baz aperçut le Docteur Mort, c'était dans un de ses repaires au nord-est des Etats-Unis, dans la région des Sept Lacs, non loin du mont Hunter. «Quand je l'ai vu, j'ai été déçu. Le monstre était si misérable...», dit-il aujourd'hui. La scène où le Rat se fait piéger en compagnie d'un certain Harold, son garde du corps, sur un bateau, est digne d'un James Bond. Le guet-apens tourne mal, le Rat se prend trois balles dans la peau, tombe à l'eau. Harold est tué sur le coup. Une véritable opération commando. Baz pense que Heim est mort. Fait comme un rat, selon l'expression consacrée. Mais non. Le docteur est solide, pour la plus grande joie de la Chouette, qui le veut vivant. Son gilet de sauvetage l'a sauvé de la noyade. Il faut qu'il affronte avant de mourir le regard des Juifs qui vont le juger, qu'il entende une dernière fois avant de mourir la liste de ses crimes. Heim est donc sauvé in extremis par son entourage. Il sera évacué en hélicoptère vers le Canada, où il sera soigné - dernière étape de sa cavale, derniers jours avant le jugement dernier.
«Nous avons violé la loi»
D'où vient la froide détermination de Danny Baz ? «Depuis l'âge de 5 ans, depuis que j'ai appris l'histoire de la famille de ma mère, qui a disparu dans les trains... J'ai grandi avec cette histoire. Déjà la haine m'habitait. Je rêvais de faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi. La Chouette m'a donné l'opportunité d'agir. J'ai appris que Heim a vécu protégé en Allemagne jusqu'au début des années 60, qu'il exerçait son métier de gynécologue comme si de rien n'était, qu'il gérait une grosse fortune, était propriétaire d'une quarantaine d'appartements... Si les Allemands avaient été sérieux, ils l'auraient arrêté. Tout ça n'est qu'un sale jeu politique.» C'est sans doute pour cela, entre autres, qu'il s'est décidé - avec les encouragements de son éditeur Olivier Nora - à écrire Ni oubli ni pardon. «J'ai écrit ce livre aujourd'hui car, pendant vingt-cinq ans, je n'ai pas osé raconter cette histoire. Je l'avais rédigée, mais sous forme de roman, avec de faux noms et de faux lieux, comme pour me défendre. La preuve que l'opération a bien marché, c'est que je suis ici devant vous et non pas dans une prison aux Etats-Unis.» Il ajoute, non sans fierté : «Nous avons violé toutes les lois. Tout était parfaitement illégal. Vous savez, il ne faut pas respecter la loi avec de tels monstres. J'étais prêt à mourir pour la cause. Ce combat, c'était toute ma vie. C'était comme une mission. Pourtant, je ne suis pas quelqu'un qui aime boire du sang. Je n'aurais pas fait ça pour avoir la peau d'un terroriste arabe. Jamais. J'ai fait ça parce que c'étaient les nazis. Le nazisme est hors de tout, hors de l'humanité. Je suis persuadé que la CIA était au courant de notre opération. Pour eux, c'était tout bénéfice : on a fait le sale boulot, comme on dit.»
Que la bête meure
Il a écrit aussi pour que ses enfants sachent exactement ce qu'a fait leur père. Et pour faire taire cette rumeur grotesque selon laquelle le Rat serait encore en vie. D'aucuns prétendent l'avoir vu dernièrement à Ibiza. Il aurait aujourd'hui 93 ans. Comble de l'absurde, le compte en banque berlinois du docteur serait toujours en activité, et l'Etat allemand continuerait à lui verser chaque mois une pension ! On croit rêver.
Le corps d'Aribert Heim a été brûlé - comme les autres criminels de guerre jugés par la Chouette - à la manière de ce que les nazis faisaient aux Juifs. Puis jeté dans le Pacifique, nourriture pour les requins. Pas de sépulture, pour qu'on ne puisse pas se recueillir.
Calme, droit dans ses bottes de sauveur, Baz semble porté par la foi : «Quand Heim est mort, je me suis senti comme un ambassadeur de tous les enfants morts pendant la guerre. Je suis l'avocat de toutes les victimes du nazisme.» Si on lui demande s'il a déjà mis les pieds en Allemagne, il répond : «Jamais ! Ce pays est responsable de deux guerres mondiales. Il y a quelque chose dans leurs gènes... L'Allemagne, pour moi, n'existe pas. Je connais le drapeau, ce genre de choses artificielles. Point. Les Etats-Unis auraient dû lâcher leurs bombes non pas sur Hiroshima ou Nagasaki mais sur l'Allemagne.» Le pardon attendra, donc.
* Ni oubli ni pardon, Grasset, 313 p., 16,90 euros.
Publié par MICHELLE GOLDSTEIN
Libellés : Aribert Heim, Danny Baz, Grasset, Ni oubli ni pardon
vendredi 12 octobre 2007
LES AFRICAINS JUIFS
Avant de clore ce livre, il est intéressant de signaler qu’à l’exception des Beta Israël d’Ethiopie reconnus finalement comme juifs,certaines tribus africaines, bien qu’elles ne soient pas toujours considérées comme telles,se revendiquent juives.
Une organisation basée aux Etats-Unis, Kulanu, s’occupe très activement de retrouver« les descendants d’une des dix tribus d’Israël disparues depuis des millénaires ».
Aux XIe et Xe siècles avant l’ère commune,afin d’étendre l’influence juive et de faciliter le commerce, les rois David et Salomon envoyèrent des Juifs s’installer dans ce qui constitue aujourd’hui l’Afrique du Nord, la péninsule arabique, la Corne de l’Afrique et la Nubie, l’actuel Soudan.
Les dix tribus qui formaient le royaume d’Israël, après la destruction de celui-ci parles Assyriens, au VIIIe siècle, furent dispersées. Certaines se dirigèrent sur l’Afrique,d’autres vers l’Asie, voire l’Europe.
En –586, Nabuchodonosor détruisit le Temple. Selon certaines traditions africaines, des Juifs s’enfuirent vers l’Afrique. Le Babylonien emmena le peuple de Juda en captivité.
Il est donc probable que la présence juive en Afrique noire remonte à près de trois mille ans. Ces hommes ont-ils conservé des traces de leur judéité ? Peut-être, mais non pas comme les Juifs du Yémen qui conservaient des contacts avec d’autres communautés comme en témoigne la fameuse épître de Maïmonide (1135-1204) et qui priaient en hébreu. Coupés des autres communautés, repliés sur eux-mêmes, ont-ils gardé certaines des traditions héritées de leurs si lointains ancêtres ?
Prenons l’exemple des Marranes de Belmonte, au Portugal, qui,après moins d’un demi-siècle de cassure avec le judaïsme, n’avaient conservé qu’un seul mot hébreu, Adonaï, et un semblant de préparation de la fête de Pessah. Alors, après quelques millénaires… Le géographe Al Idrisi (1100-1165) et l’historien Ibn Khaldun (1332-1406) évoquent les Juifs noirs.
Shimon Pères aurait confié en 1976 à l’historien George E. Lichtblau que Léopold Sedar Senghor (1906-2001), le légendaire poète de la négritude et premier président du Sénégal lui aurait affirmé avoir des racines juives. Selon l’homme d’Etat de Dakar, de petits groupes de Bnei Israël existent au Sénégal chez les Wolofs dès le Moyen Age. Ils durent se convertir à l’islam au XVIIIe siècle.
Ce dernier ajoutait que la trilogie des «peuples souffrants» se composait des Négro-Africains, des Juifs et des Arabo-Berbères.
Sommairement, voici l’histoire de quelques-unes de ces tribus.
Le royaume juif du Touat, les Juifs du Sahara
La découverte, en 1903, d’une pierre tombale, servant de support à un puits dans la région de Ghormali, atteste de ce royaume juif disparu depuis cinq siècles et est la première trace historique de la présence juive dans la région du Touat. Elle mentionne le nom de la défunte, Mona bat Amram, décédée le vingtième jour de la deuxième semaine du mois d’Av 5089 (13 juillet 1309).
En 1950, un nouvel indice apparaît à Tamentit : une pierre plate,d’une cinquantaine de kilogrammes, portant l’inscription « Maïmon, fils de Samuel et petit-fils de Braham ben Koubi, décédé en 5150 (1390)», est découverte dans un village. Sur cette dalle, les femmes lavaient leur linge au lavoir public.
Une pierre tombale portant le même nom fut découverte plus tard,mais elle disparut par la suite. Seule reste une photo … Il n’est pas exclu que d’autres traces apparaissent.
Les Juifs de Tombouctou et du Mali
Une dépêche de l’AFP, en mars 1996, répercuta un article paru dans un journal de Bamako sur Le réveil de la communauté juive malienne. En septembre 1997, Jacob Oliel, un éminent historien, publiait, dans la revue « Los Muestros » un article intitulé Les Juifs du Mali.
Il racontait la découverte détaillée de ce judaïsme, la saga du rabbin Mardochée Aby Serour. Ce rabbin guida Charles de Foucauld qui entendait pénétrer à Tombouctou, interdite aux non-musulmans depuis cinq siècles. Mardochée, qui rêvait de s’y installer, s’y fit admettre et découvrit que des Juifs avaient habité la région depuis des centaines d’années. Le livre de Jacob Oliel, De Jérusalem à Tombouctou, l’odyssée du rabbin Mardochée, éditions Olbia, narre cette épopée. Aux XIVe et XVe siècles, des Juifs fuyant l’Espagne trouvèrent refuge à Tombouctou et établirent trois villages : Kirshamba, Haybomoet Kongougara. Leurs descendants furent contraints, sous peine de mort, d’embrasser l’islam, en 1492 et Tombouctou devint ville interdite aux non-musulmans.
Depuis les années 1990, guidés par un historien, de Tombouctou, Ismaël Diadié Haidara, fondateur d’une association, « Zakhor, association tombouctite d’amitié avec le Peuple juif », certains de leurs descendants, un millier semblerait-il, seraient à la recherche de leurs racines juives.
Les Bayuda du Congo
Femmes_africaines_Juives_au_KotelAu Congo, répartis sur un territoire qui s’étend du fleuve Kasaï au lac Tanganyika, vit une ethnie importante, celle des Baluba. Ceux-ci prétendent venir d’«en haut», c’est-à-dire du nord. Les autres groupes les qualifient de Juifs et eux-mêmes se dénomment Bayuda, peuple de Juda. Se déclarent-ils Juifs ? Ils se perçoivent peut-être comme tels. Mais il serait intéressant d’effectuer des recherches.
Les Abayudaya d’Ouganda
En Ouganda, à la fin du XIXe siècle, des missionnaires anglais convertissent au protestantisme Semei Kakungulu, un puissant guerrier d’une des cinquante tribus baganda formant le royaume du Buganda, lui promettant qu’il régnera sur les autres clans. Kakungulu amène sous la férule britannique le territoire bugandais. Mais Albion ne tient pas sa promesse à son égard et le confine, avec les siens, dans une région étriquée et exiguë de quelques kilomètres à peine, non loin de la ville de M’bale, au pied des monts Elgon.
Kakungulu se rapproche des Malachites, une secte combinant croyances juives et chrétiennes, en 1913. Il rencontre plusieurs Juifs travaillant pour l’administration coloniale et semble plus attiré par le judaïsme. Il se fait circoncire en 1919.
Il fonde une secte, Kibina Kya Bayudaya Absesiga Katonda, la communauté du peuple juif qui croit en Dieu.
Actuellement les Abayudaya (peuple de Juda), jadis au nombre de trois mille âmes, décimés par Idi Amin Dada, le sanguinaire tyran qui dirigea l’Ouganda entre 1971 et 1979, sont regroupés dans quatre villages autour de M’bale. Ils sont près de six cents et disposent de cinq synagogues, de grandes cases aménagées en lieux de prières avec, au fronton, un magen David.
abayudayaLa Maison d’Israël au Ghana
En 1976, Aharon Ahomtre Toakyirafa de la tribu des Sefwi Suid’Adiembra, un village perdu en pleine brousse, a une vision. Des esprits lui affirment que lui et son peuple descendent d’une des tribus perdues d’Israël.
Toakyirafa découvre que les pratiques ancestrales de son peuple montrent des similitudes troublantes avec celles des Hébreux, notamment le respect du Shabbat, l’interdiction de consommer du porc,la circoncision des garçons, l’isolement de la femme menstrue …
Toakyirafa fait des recherches et découvre que les siens sont originaires de Côte d’Ivoire, que certains sont descendus vers le Ghana,d’autres remontés au nord, peut-être à Tombouctou, où une présence juive noire est historiquement attestée. Toakyirafa et son clan adoptent le judaïsme et s’appellent « BetaIsraël », Maison d’Israël.
Les autorités ghanéennes, peu désireuses de voir émerger une nouvelle religion, emprisonnèrent les chefs de Beta Israël, mais aucune charge n’étant retenue contre eux, elles furent contraintes de les relâcher.Toakyirafa mort, David Ahenkorah lui succède. Aujourd’hui la Maison d’Israël compte quelques dizaines de membres dans une zone qu’ils ont dénommée la Nouvelle Adiembra. Ils ont construit une synagogue et des bâtiments communautaires.
synagogie_abayudayaLes Juifs de Rusape (Zimbabwe)
Ceux qui se dénomment Juifs ont leurs origines, selon leur tradition,au nord. Ils estiment que la similitude de certains de leurs rites ancestraux, ceux relatifs à l’enterrement, à la circoncision, au mariage, à l’agriculture, avec ceux des anciens Hébreux, est troublante. Ils affirment descendre d’une des dix tribus perdues.
Des ruines imposantes, uniques en Afrique, non loin de là, font état d’une civilisation brillante qui régna entre les XVIe et XIIIe siècles. S’agit-il, comme ils le prétendent (et comme l’affirment les Lembas d’Afrique du Sud, leurs cousins) d’un royaume juif ? Les historiens n’ont apporté aucune réponse à ce jour.
A la fin du XIXe siècle, Dieu serait apparu à un ancien esclave noir américain, William Saunders Crowdy, devenu diacre de l’église protestante ; cette vision lui enjoint de ramener les Noirs au judaïsme.
En 1903, à l’autre bout du monde, le Ghanéen Albert Christian reçoit une révélation lui ordonnant d’aller en Amérique rechercher le« prophète de Dieu ».
Par un hasard extraordinaire, les deux hommes se rencontrent. Albert Christian retourne en Afrique avec la certitude de la judéité de son peuple. Il lui faudra une trentaine d’années pour convaincre sa tribu de le suivre. La communauté dispose d’une synagogue, compte actuellement quelques milliers de membres et suit les règles du judaïsme occidental.
lembaLes Lembas d’Afrique du Sud
Les Lembas représentent une population de plusieurs dizaines de milliers de personnes, établies entre le Malawi, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, dont les ancêtres seraient les Israélites de l’expédition que mena le roi Salomon à Ophir, (au Zimbabwe selon leur tradition),à la recherche d’or : quelques-uns demeurèrent sur place pour enseigner aux habitants la croyance en un Dieu unique, « Mwali ».De couleur de peau légèrement plus claire que celle de leurs voisins,les Lembas maintiennent des traditions issues ou ressemblant fortaux juives : l’observance de la néoménie, l’interdiction de consommer du porc, les rites funéraires. Si les femmes peuvent, exceptionnellement,se marier en dehors de la communauté, l’homme qui le fait est exclu et chassé par les membres de son clan. Leur drapeau comporte une étoile de David.
Les Juifs du Cap-Vert
A la suite de l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, les rois catholiques ayant marié leur fille à l’héritier du trône portugais,exigèrent que le roi Manuel du Portugal expulsât tous les Juifs de son royaume. Ne voulant pas détruire son infrastructure économique, le souverain décida de convertir globalement, par ruse,tous ses Juifs. Il les fit embarquer mais, au moment d’appareiller, des soldats jetèrent de grands baquets d’eau sur les passagers tandis que des prêtres les baptisaient collectivement. Ce subterfuge fut entériné par l’église …
Certains de ces Christaos Novos, ces Nouveaux Chrétiens, voulant fuir le pays, débarquèrent au Cap-Vert. Les Portugais de l’île les enfermèrent dans un ghetto de la capitale, Ribeira Grande.
Au cours des siècles, ces Nouveaux Chrétiens, complètement assimilés, finirent par abandonner et perdre toutes leurs pratiques juives. Au début du XIXe siècle, des Juifs du Maroc, désireux d’échapper à leur statut de dhimmis, citoyens de seconde catégorie, s’installent au Cap-Vert, importante escale pour le transport du charbon. Ils y fondent une petite communauté. La plupart de ces Juifs du Cap-Vert émigreront en Israël au début du XXe siècle. Ne restent sur place que les descendants de Juifs lusitaniens du XVe siècle, une ville, Sinagoga, et un cimetière abandonné, en cours de restauration grâce au travail d’un médecin belge, Jacques Massart, et d’une journaliste américaine, Carol Castiel, qui en ont parlé tous les deux dans «Los Muestros».São Tomé et Principe.
L’arrivée des Juifs à São Tomé et Principe est dramatique. Afin devoir si l’île est habitable, le roi Manuel du Portugal envoie deux mille enfants juifs, âgé deux à douze ans, peupler l’île. Ils sont débarqués et abandonnés sur le rivage. Au bout d’un an, il ne restera que six cents survivants !
Au début du XVIIe siècle, les descendants de ces enfants, bien qu’assimilés à la population locale, continuent à judaïser mais les pratiques se perdent jusqu’à l’arrivée, au début du XXe siècle, de quelques Juifs qui établissent une communauté incitant certains des descendants de ces enfants que rien, sinon une couleur de peau plus claire, ne distingue des autochtones, à découvrir leur histoire,montrant ainsi un intérêt pour le judaïsme de leurs ancêtres.
L’ambassadeur d’Israël au Cameroun, le professeur Moshé Liba consacrera, en 2007, un article dans «Los Muestros» à ces enfants.
Les Tutsi du Rwanda et du Burundi
Le peuple Tutsi fait partie d'un ensemble de peuples appelés« hamites » dans la littérature coloniale et missionnaire, qui habitent un territoire, autour du Nil Blanc, jadis nommé, dans la Bible, Pishon.
Cette vaste région couvre l’est du Congo, le Rwanda, le Burundi ainsi que des parties importantes de l’Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie. Mais les Tutsi préfèrent se qualifier de « Kushites » et se réfèrent à l'ancien empire de Kusch où régna la reine de Saba et son fils Ménélik 1er (David II), dont le père aurait été le roi Salomon.
Différentes ethnies ont la même origine que les Tusti : les Hima (ou Hema dans l’est du Congo), les Massaï du Kenya et de la Tanzanie, les Karamajong, du nord de l’Ouganda, les Samburu du Nord du Kenya, etc.
Monseigneur Julien Gorju, chef de l’Eglise du Burundi, dans son Face au Royaume hamite du Ruanda, le royaume frère del’Urundi paru en 1938 à Bruxelles (voir aussi, du même auteur,Zigzags à travers l’Urundi, paru à Namur en 1926, 233 pp.), affirme que les Tutsi sont de descendance éthiopienne. Il fut approuvé par de nombreux autres missionnaires dont le Père Blanc Firmin Rodegem dans son Dictionnaire Rundi / Inyizamvugo y’ikirundi, paru à Usumbura en 1961, dans lequel il définit les Tutsi comme« éthiopides » (p.1.146).
Tant la Bible que les écrits de l’Egypte pharaonique parlent de ce qui est l’actuelle Ethiopie, comme du pays de Kush. Les Tutsi préfèrent donc se qualifier de « Kushites » et se réfèrent à ce royaume où régna la reine de Saba (la Makéda éthiopienne) qui serait une des descendantes de Moïse et de Tsipora, l’Ethiopienne.
Le Négus Haïlé Sélassié, le roi des rois, ne se faisait-il pas appeler le Lion de Judée ?Selon Mathias Niyonzima, spécialiste de l’histoire de son peuple et initiateur du site Beth Kushi ve’Yisraël, (www.bethkushi.be), l’origine juive des Tutsi est incontestable.
Il en veut pour preuve la loi des Anciens qui impose une série de règles qui ont des points de ressemblance étonnants avec la loi mosaïque : un monothéisme strict très ancien : Imana est le nom de Dieu, la cacheroute, les «imiziro»qui sont les «mitsvot», la vache rousse mais, en plus de cet attachement à la tradition, le refus du baptême chrétien (les derniers grands rois et chefs tutsi comme Mwezi, Mutaga, Maconco, Rwabugiriet Musinga ont combattu l'évangélisation (jusqu'à la mort pour certains) et l'assimilation. L'hostilité d’une certaine Eglise catholique romaine ainsi que le génocide dont ils furent les victimes, dans une indifférence coupable, et la vie quotidienne dans un environnement dominé par des populations ethniquement différentes et souvent hostiles les rapproche aussi du Peuple juif.
C’est un judaïsme pré talmudique qui serait similaire, selon lui, à celui des patriarches, des prophètes et des rois David et Salomon. Les Tutsi prétendent descendre de la tribu de Juda. Le coup d’Etat de1966 a mis fin à la dynastie des mwamis (rois) du Burundi qui fut fondée par Ntare I Rushatsi Cambaratama (le roi Lion I « le Hirsute à la Tunique de bête ») vers 1270 de notre ère et dont cinq des dix-sept souverains ont porté le titre de Ntare, Lion. Lors de la manifestation du 1er juillet 2004 à Matonge, ce pittoresque quartier de Bruxelles proche de la porte de Namur, un groupe de manifestants opposés au conflit qui ravage la région des Grands Lacs s’en est violemment pris à Serge R., le traitant de « Sale Juif » sous prétexte de son origine tutsi.
tutsiSelon Mathias Niyonzima, certains noms de clans gardent toujours leur racine hébraïque : « ben » (fils de), tels les Benengwe, Banyakarama,Banyamurenge, Banyiginya. Cette mémoire collective juive des Batutsi se concrétise aussi par l'adoption de l'étoile de David sur le drapeau du Burundi.
Bibliographie : L’origine juive des Tutsi. Article de Mathias Niyonzima, « Los Muestros n° 56 » - septembre 2004.Il y a une communication qui passe chaque fois qu’on rencontre un Juif,quand il partage sa peine et que nous partageons la nôtre. Quelque part,nous nous rejoignons. Je crois que cela nous a amené à développer bonnes relations avec Israël.
© Maurice Dorès
Posté par CDF Afrique à 19:07 - Afrique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Commentaires
"Juifs" et ou "Etat Israel?"
Nous sommes aussi interesses a elucider la difference qu'il y a entre "Les Juifs" et ou "Etat d'Israel" eviter les amalgames...
Nos recherches continuent...
Du 17 au 22 septembre 2007, vous pouvez prendre contat avec nous de visu a Mbanza Kongo [Angola] ou nous allons faire une communication importante sur le trafic des enfants juifs [700- 2000] durant l'inquisition au Portugal et de leur transfer a Sao Tome ainsi que l'esclavagisme de 3000 esclavages Ne-Kongo mensuellement vers Sao Tome pour la culture du canne a sucre...
Nous definirons aussi Ne-Kongo dans le contexte historique.
A suivre...
Posté par alhadeff, 07 août 2007 à 05:41
Super intéressant, pouvez-vous m'informer de toute nouvelle recherche à ce sujet? Merci!!
Posté par simonebernstein, 15 août 2007 à 13:10
Israel
Interessant, je connaissais pas tout ça!
Posté par Juif, 30 août 2007 à 15:03
Hema sont des juifs du Congo
Je pense que les origines lointaines des peuples nilotiques de l'afrique Central tels que Tutsi du rwanda-Burundi et Hema du Congo remonteraient vers l'ethiopie.Des évidences des liés avec le peuple juifs sembleraint probables.Il faudrait que des chercheurs indépendants puissent éclairer cette histoire sujet à des polémiques parmis certaines opinions mal intentionnées en RDC.
Posté par Buna Ivara, 15 septembre 2007 à 21:56
Les Juifs du Cap-Vert!
Les Juifs du Cap-Vert!
1.Durant mon mandat comme Ambassadeur des Nations Unies (OMS) dans les années 80, j’ai visité toutes les Iles de Cap-Vert.
2.Les vestiges matériels et non matériels juifs sont toujours visibles...
3.L’île de Saint Antonio était habitée par les Juifs qui y ont laissé les enfants métis qui continuaient à gérer cette île avec compétence, j’y ai passé plusieurs nuits en fête avec mes semblables et visité le cimetière ainsi qu’une piste d’aviation pour petit porteurs.
4.A Pria, j’ai été l’invité d’honneur avec la délégation non juive (20 personnes) qui ‘accompagnait pour partager le grand festin organisé pour moi par les métis (Juifs) qui y contrôlent le domaine des affaires.
5.A suivre…
Posté par Alhadeff, 30 septembre 2007 à 19:37
Les Juifs du Cap-Vert!
Les Juifs du Cap-Vert!
1.Durant mon mandat comme Ambassadeur des Nations Unies (OMS) dans les années 80, j’ai visité toutes les Iles de Cap-Vert.
2.Les vestiges matériels et non matériels juifs sont toujours visibles...
3.L’île de Saint Antonio était habitée par les Juifs qui y ont laissé les enfants métis qui continuaient à gérer cette île avec compétence, j’y ai passé plusieurs nuits en fête avec mes semblables et visité le cimetière ainsi qu’une piste d’aviation pour petit porteurs.
4.A Pria, j’ai été l’invité d’honneur avec la délégation non juive (20 personnes) qui ‘accompagnait pour partager le grand festin organisé pour moi par les métis (Juifs) qui y contrôlent le domaine des affaires.
5.A suivre…
Une organisation basée aux Etats-Unis, Kulanu, s’occupe très activement de retrouver« les descendants d’une des dix tribus d’Israël disparues depuis des millénaires ».
Aux XIe et Xe siècles avant l’ère commune,afin d’étendre l’influence juive et de faciliter le commerce, les rois David et Salomon envoyèrent des Juifs s’installer dans ce qui constitue aujourd’hui l’Afrique du Nord, la péninsule arabique, la Corne de l’Afrique et la Nubie, l’actuel Soudan.
Les dix tribus qui formaient le royaume d’Israël, après la destruction de celui-ci parles Assyriens, au VIIIe siècle, furent dispersées. Certaines se dirigèrent sur l’Afrique,d’autres vers l’Asie, voire l’Europe.
En –586, Nabuchodonosor détruisit le Temple. Selon certaines traditions africaines, des Juifs s’enfuirent vers l’Afrique. Le Babylonien emmena le peuple de Juda en captivité.
Il est donc probable que la présence juive en Afrique noire remonte à près de trois mille ans. Ces hommes ont-ils conservé des traces de leur judéité ? Peut-être, mais non pas comme les Juifs du Yémen qui conservaient des contacts avec d’autres communautés comme en témoigne la fameuse épître de Maïmonide (1135-1204) et qui priaient en hébreu. Coupés des autres communautés, repliés sur eux-mêmes, ont-ils gardé certaines des traditions héritées de leurs si lointains ancêtres ?
Prenons l’exemple des Marranes de Belmonte, au Portugal, qui,après moins d’un demi-siècle de cassure avec le judaïsme, n’avaient conservé qu’un seul mot hébreu, Adonaï, et un semblant de préparation de la fête de Pessah. Alors, après quelques millénaires… Le géographe Al Idrisi (1100-1165) et l’historien Ibn Khaldun (1332-1406) évoquent les Juifs noirs.
Shimon Pères aurait confié en 1976 à l’historien George E. Lichtblau que Léopold Sedar Senghor (1906-2001), le légendaire poète de la négritude et premier président du Sénégal lui aurait affirmé avoir des racines juives. Selon l’homme d’Etat de Dakar, de petits groupes de Bnei Israël existent au Sénégal chez les Wolofs dès le Moyen Age. Ils durent se convertir à l’islam au XVIIIe siècle.
Ce dernier ajoutait que la trilogie des «peuples souffrants» se composait des Négro-Africains, des Juifs et des Arabo-Berbères.
Sommairement, voici l’histoire de quelques-unes de ces tribus.
Le royaume juif du Touat, les Juifs du Sahara
La découverte, en 1903, d’une pierre tombale, servant de support à un puits dans la région de Ghormali, atteste de ce royaume juif disparu depuis cinq siècles et est la première trace historique de la présence juive dans la région du Touat. Elle mentionne le nom de la défunte, Mona bat Amram, décédée le vingtième jour de la deuxième semaine du mois d’Av 5089 (13 juillet 1309).
En 1950, un nouvel indice apparaît à Tamentit : une pierre plate,d’une cinquantaine de kilogrammes, portant l’inscription « Maïmon, fils de Samuel et petit-fils de Braham ben Koubi, décédé en 5150 (1390)», est découverte dans un village. Sur cette dalle, les femmes lavaient leur linge au lavoir public.
Une pierre tombale portant le même nom fut découverte plus tard,mais elle disparut par la suite. Seule reste une photo … Il n’est pas exclu que d’autres traces apparaissent.
Les Juifs de Tombouctou et du Mali
Une dépêche de l’AFP, en mars 1996, répercuta un article paru dans un journal de Bamako sur Le réveil de la communauté juive malienne. En septembre 1997, Jacob Oliel, un éminent historien, publiait, dans la revue « Los Muestros » un article intitulé Les Juifs du Mali.
Il racontait la découverte détaillée de ce judaïsme, la saga du rabbin Mardochée Aby Serour. Ce rabbin guida Charles de Foucauld qui entendait pénétrer à Tombouctou, interdite aux non-musulmans depuis cinq siècles. Mardochée, qui rêvait de s’y installer, s’y fit admettre et découvrit que des Juifs avaient habité la région depuis des centaines d’années. Le livre de Jacob Oliel, De Jérusalem à Tombouctou, l’odyssée du rabbin Mardochée, éditions Olbia, narre cette épopée. Aux XIVe et XVe siècles, des Juifs fuyant l’Espagne trouvèrent refuge à Tombouctou et établirent trois villages : Kirshamba, Haybomoet Kongougara. Leurs descendants furent contraints, sous peine de mort, d’embrasser l’islam, en 1492 et Tombouctou devint ville interdite aux non-musulmans.
Depuis les années 1990, guidés par un historien, de Tombouctou, Ismaël Diadié Haidara, fondateur d’une association, « Zakhor, association tombouctite d’amitié avec le Peuple juif », certains de leurs descendants, un millier semblerait-il, seraient à la recherche de leurs racines juives.
Les Bayuda du Congo
Femmes_africaines_Juives_au_KotelAu Congo, répartis sur un territoire qui s’étend du fleuve Kasaï au lac Tanganyika, vit une ethnie importante, celle des Baluba. Ceux-ci prétendent venir d’«en haut», c’est-à-dire du nord. Les autres groupes les qualifient de Juifs et eux-mêmes se dénomment Bayuda, peuple de Juda. Se déclarent-ils Juifs ? Ils se perçoivent peut-être comme tels. Mais il serait intéressant d’effectuer des recherches.
Les Abayudaya d’Ouganda
En Ouganda, à la fin du XIXe siècle, des missionnaires anglais convertissent au protestantisme Semei Kakungulu, un puissant guerrier d’une des cinquante tribus baganda formant le royaume du Buganda, lui promettant qu’il régnera sur les autres clans. Kakungulu amène sous la férule britannique le territoire bugandais. Mais Albion ne tient pas sa promesse à son égard et le confine, avec les siens, dans une région étriquée et exiguë de quelques kilomètres à peine, non loin de la ville de M’bale, au pied des monts Elgon.
Kakungulu se rapproche des Malachites, une secte combinant croyances juives et chrétiennes, en 1913. Il rencontre plusieurs Juifs travaillant pour l’administration coloniale et semble plus attiré par le judaïsme. Il se fait circoncire en 1919.
Il fonde une secte, Kibina Kya Bayudaya Absesiga Katonda, la communauté du peuple juif qui croit en Dieu.
Actuellement les Abayudaya (peuple de Juda), jadis au nombre de trois mille âmes, décimés par Idi Amin Dada, le sanguinaire tyran qui dirigea l’Ouganda entre 1971 et 1979, sont regroupés dans quatre villages autour de M’bale. Ils sont près de six cents et disposent de cinq synagogues, de grandes cases aménagées en lieux de prières avec, au fronton, un magen David.
abayudayaLa Maison d’Israël au Ghana
En 1976, Aharon Ahomtre Toakyirafa de la tribu des Sefwi Suid’Adiembra, un village perdu en pleine brousse, a une vision. Des esprits lui affirment que lui et son peuple descendent d’une des tribus perdues d’Israël.
Toakyirafa découvre que les pratiques ancestrales de son peuple montrent des similitudes troublantes avec celles des Hébreux, notamment le respect du Shabbat, l’interdiction de consommer du porc,la circoncision des garçons, l’isolement de la femme menstrue …
Toakyirafa fait des recherches et découvre que les siens sont originaires de Côte d’Ivoire, que certains sont descendus vers le Ghana,d’autres remontés au nord, peut-être à Tombouctou, où une présence juive noire est historiquement attestée. Toakyirafa et son clan adoptent le judaïsme et s’appellent « BetaIsraël », Maison d’Israël.
Les autorités ghanéennes, peu désireuses de voir émerger une nouvelle religion, emprisonnèrent les chefs de Beta Israël, mais aucune charge n’étant retenue contre eux, elles furent contraintes de les relâcher.Toakyirafa mort, David Ahenkorah lui succède. Aujourd’hui la Maison d’Israël compte quelques dizaines de membres dans une zone qu’ils ont dénommée la Nouvelle Adiembra. Ils ont construit une synagogue et des bâtiments communautaires.
synagogie_abayudayaLes Juifs de Rusape (Zimbabwe)
Ceux qui se dénomment Juifs ont leurs origines, selon leur tradition,au nord. Ils estiment que la similitude de certains de leurs rites ancestraux, ceux relatifs à l’enterrement, à la circoncision, au mariage, à l’agriculture, avec ceux des anciens Hébreux, est troublante. Ils affirment descendre d’une des dix tribus perdues.
Des ruines imposantes, uniques en Afrique, non loin de là, font état d’une civilisation brillante qui régna entre les XVIe et XIIIe siècles. S’agit-il, comme ils le prétendent (et comme l’affirment les Lembas d’Afrique du Sud, leurs cousins) d’un royaume juif ? Les historiens n’ont apporté aucune réponse à ce jour.
A la fin du XIXe siècle, Dieu serait apparu à un ancien esclave noir américain, William Saunders Crowdy, devenu diacre de l’église protestante ; cette vision lui enjoint de ramener les Noirs au judaïsme.
En 1903, à l’autre bout du monde, le Ghanéen Albert Christian reçoit une révélation lui ordonnant d’aller en Amérique rechercher le« prophète de Dieu ».
Par un hasard extraordinaire, les deux hommes se rencontrent. Albert Christian retourne en Afrique avec la certitude de la judéité de son peuple. Il lui faudra une trentaine d’années pour convaincre sa tribu de le suivre. La communauté dispose d’une synagogue, compte actuellement quelques milliers de membres et suit les règles du judaïsme occidental.
lembaLes Lembas d’Afrique du Sud
Les Lembas représentent une population de plusieurs dizaines de milliers de personnes, établies entre le Malawi, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, dont les ancêtres seraient les Israélites de l’expédition que mena le roi Salomon à Ophir, (au Zimbabwe selon leur tradition),à la recherche d’or : quelques-uns demeurèrent sur place pour enseigner aux habitants la croyance en un Dieu unique, « Mwali ».De couleur de peau légèrement plus claire que celle de leurs voisins,les Lembas maintiennent des traditions issues ou ressemblant fortaux juives : l’observance de la néoménie, l’interdiction de consommer du porc, les rites funéraires. Si les femmes peuvent, exceptionnellement,se marier en dehors de la communauté, l’homme qui le fait est exclu et chassé par les membres de son clan. Leur drapeau comporte une étoile de David.
Les Juifs du Cap-Vert
A la suite de l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, les rois catholiques ayant marié leur fille à l’héritier du trône portugais,exigèrent que le roi Manuel du Portugal expulsât tous les Juifs de son royaume. Ne voulant pas détruire son infrastructure économique, le souverain décida de convertir globalement, par ruse,tous ses Juifs. Il les fit embarquer mais, au moment d’appareiller, des soldats jetèrent de grands baquets d’eau sur les passagers tandis que des prêtres les baptisaient collectivement. Ce subterfuge fut entériné par l’église …
Certains de ces Christaos Novos, ces Nouveaux Chrétiens, voulant fuir le pays, débarquèrent au Cap-Vert. Les Portugais de l’île les enfermèrent dans un ghetto de la capitale, Ribeira Grande.
Au cours des siècles, ces Nouveaux Chrétiens, complètement assimilés, finirent par abandonner et perdre toutes leurs pratiques juives. Au début du XIXe siècle, des Juifs du Maroc, désireux d’échapper à leur statut de dhimmis, citoyens de seconde catégorie, s’installent au Cap-Vert, importante escale pour le transport du charbon. Ils y fondent une petite communauté. La plupart de ces Juifs du Cap-Vert émigreront en Israël au début du XXe siècle. Ne restent sur place que les descendants de Juifs lusitaniens du XVe siècle, une ville, Sinagoga, et un cimetière abandonné, en cours de restauration grâce au travail d’un médecin belge, Jacques Massart, et d’une journaliste américaine, Carol Castiel, qui en ont parlé tous les deux dans «Los Muestros».São Tomé et Principe.
L’arrivée des Juifs à São Tomé et Principe est dramatique. Afin devoir si l’île est habitable, le roi Manuel du Portugal envoie deux mille enfants juifs, âgé deux à douze ans, peupler l’île. Ils sont débarqués et abandonnés sur le rivage. Au bout d’un an, il ne restera que six cents survivants !
Au début du XVIIe siècle, les descendants de ces enfants, bien qu’assimilés à la population locale, continuent à judaïser mais les pratiques se perdent jusqu’à l’arrivée, au début du XXe siècle, de quelques Juifs qui établissent une communauté incitant certains des descendants de ces enfants que rien, sinon une couleur de peau plus claire, ne distingue des autochtones, à découvrir leur histoire,montrant ainsi un intérêt pour le judaïsme de leurs ancêtres.
L’ambassadeur d’Israël au Cameroun, le professeur Moshé Liba consacrera, en 2007, un article dans «Los Muestros» à ces enfants.
Les Tutsi du Rwanda et du Burundi
Le peuple Tutsi fait partie d'un ensemble de peuples appelés« hamites » dans la littérature coloniale et missionnaire, qui habitent un territoire, autour du Nil Blanc, jadis nommé, dans la Bible, Pishon.
Cette vaste région couvre l’est du Congo, le Rwanda, le Burundi ainsi que des parties importantes de l’Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie. Mais les Tutsi préfèrent se qualifier de « Kushites » et se réfèrent à l'ancien empire de Kusch où régna la reine de Saba et son fils Ménélik 1er (David II), dont le père aurait été le roi Salomon.
Différentes ethnies ont la même origine que les Tusti : les Hima (ou Hema dans l’est du Congo), les Massaï du Kenya et de la Tanzanie, les Karamajong, du nord de l’Ouganda, les Samburu du Nord du Kenya, etc.
Monseigneur Julien Gorju, chef de l’Eglise du Burundi, dans son Face au Royaume hamite du Ruanda, le royaume frère del’Urundi paru en 1938 à Bruxelles (voir aussi, du même auteur,Zigzags à travers l’Urundi, paru à Namur en 1926, 233 pp.), affirme que les Tutsi sont de descendance éthiopienne. Il fut approuvé par de nombreux autres missionnaires dont le Père Blanc Firmin Rodegem dans son Dictionnaire Rundi / Inyizamvugo y’ikirundi, paru à Usumbura en 1961, dans lequel il définit les Tutsi comme« éthiopides » (p.1.146).
Tant la Bible que les écrits de l’Egypte pharaonique parlent de ce qui est l’actuelle Ethiopie, comme du pays de Kush. Les Tutsi préfèrent donc se qualifier de « Kushites » et se réfèrent à ce royaume où régna la reine de Saba (la Makéda éthiopienne) qui serait une des descendantes de Moïse et de Tsipora, l’Ethiopienne.
Le Négus Haïlé Sélassié, le roi des rois, ne se faisait-il pas appeler le Lion de Judée ?Selon Mathias Niyonzima, spécialiste de l’histoire de son peuple et initiateur du site Beth Kushi ve’Yisraël, (www.bethkushi.be), l’origine juive des Tutsi est incontestable.
Il en veut pour preuve la loi des Anciens qui impose une série de règles qui ont des points de ressemblance étonnants avec la loi mosaïque : un monothéisme strict très ancien : Imana est le nom de Dieu, la cacheroute, les «imiziro»qui sont les «mitsvot», la vache rousse mais, en plus de cet attachement à la tradition, le refus du baptême chrétien (les derniers grands rois et chefs tutsi comme Mwezi, Mutaga, Maconco, Rwabugiriet Musinga ont combattu l'évangélisation (jusqu'à la mort pour certains) et l'assimilation. L'hostilité d’une certaine Eglise catholique romaine ainsi que le génocide dont ils furent les victimes, dans une indifférence coupable, et la vie quotidienne dans un environnement dominé par des populations ethniquement différentes et souvent hostiles les rapproche aussi du Peuple juif.
C’est un judaïsme pré talmudique qui serait similaire, selon lui, à celui des patriarches, des prophètes et des rois David et Salomon. Les Tutsi prétendent descendre de la tribu de Juda. Le coup d’Etat de1966 a mis fin à la dynastie des mwamis (rois) du Burundi qui fut fondée par Ntare I Rushatsi Cambaratama (le roi Lion I « le Hirsute à la Tunique de bête ») vers 1270 de notre ère et dont cinq des dix-sept souverains ont porté le titre de Ntare, Lion. Lors de la manifestation du 1er juillet 2004 à Matonge, ce pittoresque quartier de Bruxelles proche de la porte de Namur, un groupe de manifestants opposés au conflit qui ravage la région des Grands Lacs s’en est violemment pris à Serge R., le traitant de « Sale Juif » sous prétexte de son origine tutsi.
tutsiSelon Mathias Niyonzima, certains noms de clans gardent toujours leur racine hébraïque : « ben » (fils de), tels les Benengwe, Banyakarama,Banyamurenge, Banyiginya. Cette mémoire collective juive des Batutsi se concrétise aussi par l'adoption de l'étoile de David sur le drapeau du Burundi.
Bibliographie : L’origine juive des Tutsi. Article de Mathias Niyonzima, « Los Muestros n° 56 » - septembre 2004.Il y a une communication qui passe chaque fois qu’on rencontre un Juif,quand il partage sa peine et que nous partageons la nôtre. Quelque part,nous nous rejoignons. Je crois que cela nous a amené à développer bonnes relations avec Israël.
© Maurice Dorès
Posté par CDF Afrique à 19:07 - Afrique - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Commentaires
"Juifs" et ou "Etat Israel?"
Nous sommes aussi interesses a elucider la difference qu'il y a entre "Les Juifs" et ou "Etat d'Israel" eviter les amalgames...
Nos recherches continuent...
Du 17 au 22 septembre 2007, vous pouvez prendre contat avec nous de visu a Mbanza Kongo [Angola] ou nous allons faire une communication importante sur le trafic des enfants juifs [700- 2000] durant l'inquisition au Portugal et de leur transfer a Sao Tome ainsi que l'esclavagisme de 3000 esclavages Ne-Kongo mensuellement vers Sao Tome pour la culture du canne a sucre...
Nous definirons aussi Ne-Kongo dans le contexte historique.
A suivre...
Posté par alhadeff, 07 août 2007 à 05:41
Super intéressant, pouvez-vous m'informer de toute nouvelle recherche à ce sujet? Merci!!
Posté par simonebernstein, 15 août 2007 à 13:10
Israel
Interessant, je connaissais pas tout ça!
Posté par Juif, 30 août 2007 à 15:03
Hema sont des juifs du Congo
Je pense que les origines lointaines des peuples nilotiques de l'afrique Central tels que Tutsi du rwanda-Burundi et Hema du Congo remonteraient vers l'ethiopie.Des évidences des liés avec le peuple juifs sembleraint probables.Il faudrait que des chercheurs indépendants puissent éclairer cette histoire sujet à des polémiques parmis certaines opinions mal intentionnées en RDC.
Posté par Buna Ivara, 15 septembre 2007 à 21:56
Les Juifs du Cap-Vert!
Les Juifs du Cap-Vert!
1.Durant mon mandat comme Ambassadeur des Nations Unies (OMS) dans les années 80, j’ai visité toutes les Iles de Cap-Vert.
2.Les vestiges matériels et non matériels juifs sont toujours visibles...
3.L’île de Saint Antonio était habitée par les Juifs qui y ont laissé les enfants métis qui continuaient à gérer cette île avec compétence, j’y ai passé plusieurs nuits en fête avec mes semblables et visité le cimetière ainsi qu’une piste d’aviation pour petit porteurs.
4.A Pria, j’ai été l’invité d’honneur avec la délégation non juive (20 personnes) qui ‘accompagnait pour partager le grand festin organisé pour moi par les métis (Juifs) qui y contrôlent le domaine des affaires.
5.A suivre…
Posté par Alhadeff, 30 septembre 2007 à 19:37
Les Juifs du Cap-Vert!
Les Juifs du Cap-Vert!
1.Durant mon mandat comme Ambassadeur des Nations Unies (OMS) dans les années 80, j’ai visité toutes les Iles de Cap-Vert.
2.Les vestiges matériels et non matériels juifs sont toujours visibles...
3.L’île de Saint Antonio était habitée par les Juifs qui y ont laissé les enfants métis qui continuaient à gérer cette île avec compétence, j’y ai passé plusieurs nuits en fête avec mes semblables et visité le cimetière ainsi qu’une piste d’aviation pour petit porteurs.
4.A Pria, j’ai été l’invité d’honneur avec la délégation non juive (20 personnes) qui ‘accompagnait pour partager le grand festin organisé pour moi par les métis (Juifs) qui y contrôlent le domaine des affaires.
5.A suivre…
jeudi 11 octobre 2007
1944 : L ' AFFICHE ROUGE
Les structures clandestines
Dans la résistance communiste, des “groupes de langue”, rassemblés dans une structure clandestine appelée Main-d'œuvre immigrée (MOI), opèrent au sein d'unités militaires relevant des FTP (Francs-tireurs et partisans). Au début de 1944, l'occupant et les séides de la collaboration tentent de compromettre la Résistance en jouant les cartes du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie.

De nombreux étrangers présents en France avant la guerre, en particulier ceux qui avaient fui le fascisme et la tyrannie dans leur pays, y compris des Allemands, se sont engagés dans la Résistance en France. L’épisode de l’Affiche rouge est là pour rappeler la grandeur de leur engagement et leur martyr.
L'affiche rouge
Les fusillés du Mont-Valérien
Du 15 au 18 février 1944, 23 accusés comparaissent à Paris, devant une cour martiale allemande. Ils forment le noyau d'intervention, parmi un groupe de 68 francs-tireurs et partisans de la MOI incarcérés depuis trois mois et quotidiennement torturés. Le verdict tombe le 21 février au matin et, le jour même, tous sont fusillés au Mont-Valérien, à l'exception de la Hongroise Olga Bancic, qui sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

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1. 1 - Alfonso, espagnol
2. 2 - Manouchian, arménien
3. 3 - Rayman, juif polonais
4. 4 - Fontanot, italien
Des libérateurs présentés comme des criminels
Tout de suite après, une affiche est placardée en 15 000 exemplaires sur les murs de France. Le tract qui l’accompagne présente ces libérateurs de l'intérieur comme un ramassis de tueurs :
“Si des Français pillent, volent, sabotent et tuent...
Ce sont toujours des étrangers qui les commandent.
Ce sont toujours des chômeurs et des criminels professionnels qui exécutent.
Ce sont toujours des juifs qui les inspirent.
C’est l’armée du crime contre la France.
Le banditisme n’est pas l’expression du Patriotisme blessé, c’est le complot étranger contre la vie des Français et contre la souveraineté de la France.”

(image) © Roger-Viollet
Une propagande ratée
Il est certes difficile de mesurer l'impact exact de cette affiche, passée à la postérité sous le nom d’Affiche rouge, sur les Français. Il est certain qu'ici et là des mains anonymes ont déposé des fleurs au pied de ces affiches ou ont collé dessus des bandeaux où l'on pouvait lire : “Des martyrs”, ou “Oui ! L'armée de la Résistance”. Sur les visages émaciés des martyrs, les passants ont sans doute lu surtout les tortures subies. Peut-être ont-ils perçu le mur en arrière-fond comme celui des fusillés, tombés pour que vive leur nouvelle patrie. Il est clair, en tout cas, que la propagande allemande et collaborationniste n'a pas atteint son but. “L'armée du crime” n'a pas fait horreur à une population qui pourtant, à chaque attentat, souffrait des prises d'otages. Si cette affiche suscita de la haine, ce fut contre les bourreaux, et non contre ces patriotes venus d'ailleurs.

(image) © CEDEI
Strophes pour se souvenir
“ Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée o mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.”
Louis Aragon (1897 - 1982)
Le Roman Inachevé, 1956
Ce poème est chanté par Léo Ferré sous le titre l'Affiche Rouge.
TEXTE REPRIS DU SITE
http://www.histoire-immigration.fr/index.php?lg=fr&nav=20&flash=0
Dans la résistance communiste, des “groupes de langue”, rassemblés dans une structure clandestine appelée Main-d'œuvre immigrée (MOI), opèrent au sein d'unités militaires relevant des FTP (Francs-tireurs et partisans). Au début de 1944, l'occupant et les séides de la collaboration tentent de compromettre la Résistance en jouant les cartes du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie.

De nombreux étrangers présents en France avant la guerre, en particulier ceux qui avaient fui le fascisme et la tyrannie dans leur pays, y compris des Allemands, se sont engagés dans la Résistance en France. L’épisode de l’Affiche rouge est là pour rappeler la grandeur de leur engagement et leur martyr.
L'affiche rouge
Les fusillés du Mont-Valérien
Du 15 au 18 février 1944, 23 accusés comparaissent à Paris, devant une cour martiale allemande. Ils forment le noyau d'intervention, parmi un groupe de 68 francs-tireurs et partisans de la MOI incarcérés depuis trois mois et quotidiennement torturés. Le verdict tombe le 21 février au matin et, le jour même, tous sont fusillés au Mont-Valérien, à l'exception de la Hongroise Olga Bancic, qui sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

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1. 1 - Alfonso, espagnol
2. 2 - Manouchian, arménien
3. 3 - Rayman, juif polonais
4. 4 - Fontanot, italien
Des libérateurs présentés comme des criminels
Tout de suite après, une affiche est placardée en 15 000 exemplaires sur les murs de France. Le tract qui l’accompagne présente ces libérateurs de l'intérieur comme un ramassis de tueurs :
“Si des Français pillent, volent, sabotent et tuent...
Ce sont toujours des étrangers qui les commandent.
Ce sont toujours des chômeurs et des criminels professionnels qui exécutent.
Ce sont toujours des juifs qui les inspirent.
C’est l’armée du crime contre la France.
Le banditisme n’est pas l’expression du Patriotisme blessé, c’est le complot étranger contre la vie des Français et contre la souveraineté de la France.”

(image) © Roger-Viollet
Une propagande ratée
Il est certes difficile de mesurer l'impact exact de cette affiche, passée à la postérité sous le nom d’Affiche rouge, sur les Français. Il est certain qu'ici et là des mains anonymes ont déposé des fleurs au pied de ces affiches ou ont collé dessus des bandeaux où l'on pouvait lire : “Des martyrs”, ou “Oui ! L'armée de la Résistance”. Sur les visages émaciés des martyrs, les passants ont sans doute lu surtout les tortures subies. Peut-être ont-ils perçu le mur en arrière-fond comme celui des fusillés, tombés pour que vive leur nouvelle patrie. Il est clair, en tout cas, que la propagande allemande et collaborationniste n'a pas atteint son but. “L'armée du crime” n'a pas fait horreur à une population qui pourtant, à chaque attentat, souffrait des prises d'otages. Si cette affiche suscita de la haine, ce fut contre les bourreaux, et non contre ces patriotes venus d'ailleurs.

(image) © CEDEI
Strophes pour se souvenir
“ Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée o mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.”
Louis Aragon (1897 - 1982)
Le Roman Inachevé, 1956
Ce poème est chanté par Léo Ferré sous le titre l'Affiche Rouge.
TEXTE REPRIS DU SITE
http://www.histoire-immigration.fr/index.php?lg=fr&nav=20&flash=0
LE PRESIDENT POLONAIS DECORE 53 PERSONNES QUI SAUVERENT DES JUIFS
VARSOVIE - Le président polonais Lech Kaczynski a décoré mercredi 53 personnes, en très grande majorité polonaises, qui sauvèrent des juifs au risque de leur vie durant l'occupation nazie de la Pologne, dont dix à titre posthume.
Parmi elles, figure l'ancien capitaine de l'armée allemande Wilhelm Hosenfeld qui sauva le pianiste Wladyslaw Szpilman, dont l'histoire a été immortalisée par le film de Roman Polanski, Le Pianiste.
"C'est un grand honneur pour nous que notre père soit décoré par le président polonais, par la Pologne", a déclaré à l'AFP la fille de M. Hosenfeld, Mme Jorinde Krejci-Hosenfeld qui, avec son frère Detlef Hosenfeld, ont reçu la décoration des mains du président polonais au nom de son frère.
"Il aimait beaucoup les Polonais et la Pologne et était très malheureux de ce qui ce passait ici au nom du peuple allemand", a-t-elle ajouté.
"Nous avons reçu sa dernière lettre venant de Russie en 1952. L'écriture était tremblante, car il souffrait d'épilepsie", a-t-elle encore dit.
Wilhelm Hosenfeld est mort en 1952 dans un camp de prisonniers en URSS.
Malgré des demandes anciennes, l'institut Yad Vashem de Jérusalem ne lui a pas accordé le titre de "Juste parmi les nations", qu'elle a décerné à ce jour à 21.758 personnes ayant sauvé les juifs pendant la guerre.
"Son nom a été soumis à la commission de nomination des Justes et son cas est en train d'être examiné", a affirmé mercredi la porte-parole du Yad Vashem, Estee Yaari.
"J'espère que cela ce passera encore de notre vivant", a déclaré à l'AFP Detlef Hosenfeld.
Lors d'une cérémonie, dont le décor faisait penser au jardin du Yad Vashem, où un arbre a été planté pour chaque Juste, le président Kaczynski a également décoré à titre posthume le Japonais Chiune Sugihara.
Ce diplomate japonais en poste à Kaunas en Lituanie en 1940 a délivré contre l'avis de son gouvernement environ 2.500 visas de transit à des juifs lituaniens et polonais, ce qui leur a permis d'échapper à l'Holocauste. Il est le seul citoyen japonais à avoir été reconnu comme un "Juste".
"L'héroïsme des personnes qui ont sauvé les juifs en Pologne est exceptionnel, comme celui des soldats les plus courageux", a déclaré le président Kaczynski, lors d'une cérémonie au Grand Théâtre de Varsovie.
"Je ne peux pas décorer tous ceux qui le méritent car nous ne connaissons pas tout le monde, mais je vous prie de considérer ces décorations comme un grand merci et l'expression de notre respect pour tous ceux qui ont aidé les juifs pendant l'occupation", a-t-il dit.
Présent à la cérémonie, le directeur du Yad Vashem, Avner Shalev a remercié le président polonais et la Pologne pour avoir honoré les personnes ayant sauvé les juifs pendant la guerre.
La Pologne, qui comptait plus de 3 millions de citoyens juifs avant l'Holocauste, est la nation qui compte le plus de "Justes" avec 6.004 personnes officiellement reconnues par le Yad Vashem.
Mercredi, les personnes décorées ont reçu des croix de l'Ordre de la Renaissance de la Pologne qui comporte plusieurs grades.
(©AFP / 10 octobre 2007 15h47)
TEXTE REPRIS DU SITE DE MICHELLE GOLDSTEIN
Parmi elles, figure l'ancien capitaine de l'armée allemande Wilhelm Hosenfeld qui sauva le pianiste Wladyslaw Szpilman, dont l'histoire a été immortalisée par le film de Roman Polanski, Le Pianiste.
"C'est un grand honneur pour nous que notre père soit décoré par le président polonais, par la Pologne", a déclaré à l'AFP la fille de M. Hosenfeld, Mme Jorinde Krejci-Hosenfeld qui, avec son frère Detlef Hosenfeld, ont reçu la décoration des mains du président polonais au nom de son frère.
"Il aimait beaucoup les Polonais et la Pologne et était très malheureux de ce qui ce passait ici au nom du peuple allemand", a-t-elle ajouté.
"Nous avons reçu sa dernière lettre venant de Russie en 1952. L'écriture était tremblante, car il souffrait d'épilepsie", a-t-elle encore dit.
Wilhelm Hosenfeld est mort en 1952 dans un camp de prisonniers en URSS.
Malgré des demandes anciennes, l'institut Yad Vashem de Jérusalem ne lui a pas accordé le titre de "Juste parmi les nations", qu'elle a décerné à ce jour à 21.758 personnes ayant sauvé les juifs pendant la guerre.
"Son nom a été soumis à la commission de nomination des Justes et son cas est en train d'être examiné", a affirmé mercredi la porte-parole du Yad Vashem, Estee Yaari.
"J'espère que cela ce passera encore de notre vivant", a déclaré à l'AFP Detlef Hosenfeld.
Lors d'une cérémonie, dont le décor faisait penser au jardin du Yad Vashem, où un arbre a été planté pour chaque Juste, le président Kaczynski a également décoré à titre posthume le Japonais Chiune Sugihara.
Ce diplomate japonais en poste à Kaunas en Lituanie en 1940 a délivré contre l'avis de son gouvernement environ 2.500 visas de transit à des juifs lituaniens et polonais, ce qui leur a permis d'échapper à l'Holocauste. Il est le seul citoyen japonais à avoir été reconnu comme un "Juste".
"L'héroïsme des personnes qui ont sauvé les juifs en Pologne est exceptionnel, comme celui des soldats les plus courageux", a déclaré le président Kaczynski, lors d'une cérémonie au Grand Théâtre de Varsovie.
"Je ne peux pas décorer tous ceux qui le méritent car nous ne connaissons pas tout le monde, mais je vous prie de considérer ces décorations comme un grand merci et l'expression de notre respect pour tous ceux qui ont aidé les juifs pendant l'occupation", a-t-il dit.
Présent à la cérémonie, le directeur du Yad Vashem, Avner Shalev a remercié le président polonais et la Pologne pour avoir honoré les personnes ayant sauvé les juifs pendant la guerre.
La Pologne, qui comptait plus de 3 millions de citoyens juifs avant l'Holocauste, est la nation qui compte le plus de "Justes" avec 6.004 personnes officiellement reconnues par le Yad Vashem.
Mercredi, les personnes décorées ont reçu des croix de l'Ordre de la Renaissance de la Pologne qui comporte plusieurs grades.
(©AFP / 10 octobre 2007 15h47)
TEXTE REPRIS DU SITE DE MICHELLE GOLDSTEIN
mercredi 10 octobre 2007
jeudi 19 juillet 2007
LA RAFLE DU VEL D'HIV ( 1942 )
LA RAFLE DU VELODROME D'HIVER
Le 16 juillet 1942, à 4 heures du matin, 12 884 Juifs sont arrêtés (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes).
La rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942), souvent appelée rafle du Vel'd'Hiv, est la plus grande rafle de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. En juillet 1942, le régime nazi organise l'opération « Vent Printanier » : une énorme rafle de Juifs dans plusieurs pays européens. En France, le régime de Vichy mobilise la police française pour participer à l'opération: à Paris, 9 000 policiers et gendarmes rafleront les Juifs.
Les conditions sont très dures : les personnes arrêtées ne peuvent prendre avec elles qu'une couverture, un pull, une paire de chaussure et deux chemises. De plus les familles sont séparées ; la plupart ne seront plus jamais réunies.
Après leur arrestation, une partie des Juifs sont emmenés par autobus dans le camp de Drancy (au nord de Paris). Une autre partie est envoyée vers le Vélodrome d'hiver (situé dans le XVe arrondissement), qui sert de prison provisoire (cela avait déjà été le cas lors d'une rafle à l'été 1941). Ce sont donc environ 7 000 personnes qui devront survivre pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d'eau. Ceux qui tentent de s'enfuir sont tués sur le champ. Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, avant d'être déportés vers les camps d'extermination allemands.
Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Français juifs envoyés à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre. En 1979, Jean Leguay, le représentant du secrétaire général de la police nationale, René Bousquet, en zone occupée, est inculpé pour son implication dans l'organisation de la rafle, mais il meurt avant d'être jugé.
Les Juifs français étant normalement fichés depuis 1940 (le dernier recensement français ayant recueilli des données religieuses est celui de 1874), les autorités connaissent leur adresse (« fichier Tulard »). Les instructions du directeur de la police municipale de Paris Émile Hennequin, le 12 juillet 1942, stipulent que «1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...] 2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire. [...] 7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.»
René Bousquet, le secrétaire général de la police nationale, accompagné de Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, rencontre le 4 juillet, au siège de la Gestapo à Paris, les SS Knochen et Dannecker, général SS qui dirige la police allemande en France. Un nouvel entretien, dans les bureaux de Dannecker avenue Foch, afin d'organiser la rafle prévue pour le 13 juillet 1942, se tient le 7 juillet en compagnie de Jean Leguay, l'adjoint de Bousquet, accompagné de François, directeur de la police générale, Hennequin, directeur de la police municipale, André Tulard, en charge des questions juives à la préfecture, Garnier, sous-directeur du ravitaillement à la préfecture de la Seine, Guidot, commissaire de police à l'état-major de la police municipale et enfin Schweblin, directeur de la police aux questions juives. Le capitaine SS Dannecker déclare: « Les policiers français — malgré quelques scrupules de pure forme — n'auront qu'à exécuter les ordres! » 1 La rafle vise les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et les indéterminés, âgés de seize à cinquante ans. Des dérogations exceptionnelles pour les femmes « dont l'état de grossesse sera très avancé » ou « nourrissant leur bébé au sein » sont prévues, mais « pour éviter toute perte de temps, ce tri ne sera pas fait au domicile mais au premier centre de rassemblement par le commissaire de la voie publique » 2. Les nazis prévoient de faire arrêter par la police française 22 000 Juifs étrangers dans le Grand Paris, qui seront conduits à Drancy, Compiègne, Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Pour cela, « le service de M. Tulard fera parvenir à la Direction de la police municipale les fiches des Juifs à arrêter (...) Les enfants de moins de quinze ou seize ans seront confiés à l'Union générale des Israélites de France qui à son tour les placera dans des fondations. Le tri des enfants sera fait dans les centres primaires de rassemblement. » 3
Le SS Dannecker s'entretient le 10 juillet 1942 avec Adolf Eichmann, tandis qu'une nouvelle réunion se tient le même jour au siège du Commissariat général aux questions juives (CGQJ) en compagnie des SS Dannecker, Röthkhe, Henrichson, et de Jean Leguay, Gallien, adjoint de Darquier de Pellepoix (chef du CGQJ), quelques cadres de la préfecture de police ainsi que des représentants de la SNCF et de l'Assistance publique.
Finalement, un peu de retard est pris. Les autorités allemandes évitent d'ordonner la rafle pour le 14 juillet, bien que la fête nationale ne soit pas célébrée en zone occupée, ils craignent une réaction de la population civile. Celle-ci a donc lieu le lendemain soir.
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