mercredi 20 mai 2009

Caricature de femme juive pulpeuse, vicieuse et perverse



"Dans la galerie judaïque il y a également une abondance de femmes - et quelles femmes ! - toutes splendides, et aussi célèbres pour leurs formes que pour les tares sexuelles que leur sang charrie. Des prostituées de Jérusalem aux demoiselles vierges de bonnes familles qui couchaient avec David (patriarche avancé en années et en fourberies) pour réchauffer le vieillard. Grâce à ces sympathiques créatures la Bible est un petit livre presque aussi apprécié que le Kamasutra […].

On en parle moins, mais la femme juive n'est pas épargnée par les stéréotypes antisémites, avec leur cortège de sarcasmes et mépris. Ces illustrations du passé aident à éclairer les stérotypes des antisémites et des antisionistes d'aujourd'hui.

"Un jour, je me trouvais à six heures du soir assis dans ma bibliothèque à réfléchir à l’écriture d’un de ces livres qui m’apportent une si grande renommée, quand je vis un ange descendre du ciel, qui me dit : "José, pourquoi ne racontes-tu pas l’histoire du Peuple Elu ?"

Ayant compris que l’apparition, vêtue d’une chemise blanche et ailée, était un signe du Très Haut, je ne tardai pas à me mettre à la tâche.

Pour être tout à fait franc, les Juifs ne me furent jamais un peuple sympathique et déjà au temps où, avec une rare application, j’étudiais le catéchisme, ils étaient à mes yeux méprisables. Je les considèrais comme des êtres sensuels et coureurs de jupons, toujours sales, la barbe mal entretenue, ne prenant un bain qu’à Pâques dans les eaux stagnantes de la Mer Morte, et ce en raison de préceptes religieux et non pour des raisons d’hygiène. Des gens qui en plus prêtent à du 20% n’ont jamais mérité ma sympathie, bien que par besoin (bénit soit Dieu !) j’ai dû, pour mon malheur, trop souvent à mon goût avoir recours à leurs services.

Mais dans la galerie judaïque il y a également une abondance de femmes - et quelles femmes ! - toutes splendides, et aussi célèbres pour leurs formes que pour les tares sexuelles que leur sang charrie. Des prostituées de Jérusalem aux demoiselles vierges de bonnes familles qui couchaient avec David (patriarche bien avancé en années et en fourberies) pour réchauffer le vieillard. Grâce à ces sympathiques créatures la Bible est un petit livre presque aussi apprécié que le Kamasutra […]."

Source: repris d'un blog portugais dont on devinera aisément la tendance. Le dessin et le texte sont de Vilhena et datent de 1965 (une vingtaine d’années après l’extermination de 6 millions Juifs européens – dont 1.5 million d’enfants), et proviennent du tome 3 de son "Histoire Universelle de la Crapulerie Humaine" intitulé "Les Juifs". Il est dédié à l'homme qui a failli "résoudre les problèmes de la Race Elue", et à son exécutant Eichman "créateur d’une chaîne continentale de rôtisseries pour Juifs et pareils qui encore de nos jours, bien que [il espère qu'il s'agit d'une fermeture provisoire], représentent la grande attraction touristique de la vieille Europe des Patries". Mais n'oubliez pas - c'est de l'humour ...

***********

Source: For « connoisseurs »… [II et fin], Richard Zrehen

"Il y a la lascivité : "Le vice a… chez les Juives un caractère particulier.

… Il est certain qu’un père et une mère juifs vendent parfaitement leurs filles quand ils sont pauvres, tandis que dans nos grandes villes, nos pauvres, hélas ! se contentent, faute de surveillance (!), de les laisser se livrer au premier venu. Les courtisanes juives se prostituent pour de l’argent, mais froidement, sans l’ombre d’ivresse, avec l’intention bien arrêtée de se marier quand elles auront ramassé un pécule ; elles épousent alors un comédien, un négociant, un financier…

La prostituée, d’ailleurs, sert Israël à sa façon : elle accomplit une sorte de mission en ruinant, en poussant au déshonneur les fils de notre aristocratie ; elle est un merveilleux instrument d’information pour la politique juive.La femme juive de la classe aisée vit à l’orientale, même à Paris, fait la sieste l’après-midi, garde je ne sais quoi de fermé et de somnolent. Elle est étrangère aux passions violentes, qui troublent si souvent le cœur de la chrétienne que la foi ne garde plus ; elle est préservée justement par cette absence de tout idéal, qui est la caractéristique des Sémites…" [1]."

[1] Edouard Drumont, La France juive, Paris, Marpon & Flammarion, 1886, t. 1, pp. 89-90.

***********

Source: For « connoisseurs »… [I], Richard Zrehen

"En 1898, Estherazy vient d’être acquitté et l’Aurore de mettre en première page le J’accuse… ! de Zola, Gyp [voir Un curieux penchant (II)] publie chez Flammarion Israël, sorte de roman à clefs[1], aux titres de chapitres évocateurs : C’est euss’ qu’est les rois, Châteaux en… France, Leur sens moral, Ceux qui ne les gobent pas, Ceux qui n’en veulent pas, Leur patriotisme, Leur tact…

Gyp est le nom de plume de la comtesse de Martel de Janville (1849-1932), née Sibylle Aimée Marie Antoinette Gabrielle Riquetti de Mirabeau, arrière petite nièce du turbulent et talentueux tribun révolutionnaire, Honoré de Mirabeau, partisan entre autres de l’émancipation des Juifs. – Descendant d’une famille florentine, Honoré de Mirabeau était réputé avoir quelques gouttes de sang séfarade… [...]

Extrait:

La comtesse Mac Chabée de Clairvaux, 49 ans, grande, molle [ !], très serrée. Nez fabuleux. Cheveux très noirs. Peau rugueuse, d’un rouge violacé, transparaissant sous une couche considérable de poudre de riz. L’aspect d’une énorme framboise roulée dans du sucre. Regardant aussi si Maugiron ne peut pas entendre. - Tais-toi !… et ne me regarde pas comme ça ! j’ai peur de me trahir !…""


http://philosemitismeblog.blogspot.com/2009/05/caricature-de-femme-juive-pulpeuse-et.html

mardi 19 mai 2009

Pie XII : le pape de la Shoah



Pie XII : son rôle pendant la guerre reste scellé dans les archives.
Photo: DR , JPost
Pour les Israéliens, le discours décevant de Benoît XVI à Yad Vashem fait écho au silence frileux de Pie XII, le pape de la Shoah. Retour sur une figure controversée, obstacle à la réconciliation judéo-chrétienne.

A Yad Vashem, Benoît XVI a tourné le dos à une seule photo. Tout comme son prédécesseur Jean-Paul II en 2000, le souverain pontife a évité de croiser l'image de son aïeul spirituel, Pie XII et sa légende controversée l'accusant d'avoir gardé le silence durant la Shoah.

Depuis des dizaines d'années, le rôle d'Eugenio Pacelli fait l'objet d'un bras de fer entre le Vatican et Israël.

Pourtant à peine élu, Benoît XVI a remis le dossier Pie XII en haut de la pile des candidatures à la béatification, reconnaissance officielle de l'Eglise catholique à un "bienheureux".

En octobre 2008, il célèbre en grande pompe le 50e anniversaire de la mort du pape Pacelli. Pour le pontife allemand, son aïeul italien n'a épargné aucun effort pendant la guerre "pour intervenir en faveur des Juifs".

Indignation en Israël : le silence de Pie XII durant la Shoah reste une marque douloureuse et indélébile. Pour apaiser les tensions, Benoît XVI n'a pas d'autre choix que de freiner le processus de béatification.

Il renonce ainsi à célébrer "les vertus héroïques" du pape des temps sombres, étape indispensable de la procédure. Le dossier Pie XII, poudrière politique, est pour l'instant bloqué.

Pie XII savait tout

La figure d'Eugenio Pacelli provoque d'intenses polémiques. Sur Wikipedia, la page qui lui est dédiée fait l'objet d'une "controverse de neutralité".

Sur Google, les admirateurs du pape défunt alignent des blogs à la chaîne. Ils dénoncent la fabrication d'une légende noire totalement fictive.

Leur argument de défense : après la guerre, l'action du pape Pacelli est mondialement saluée, y compris dans les rangs de la communauté juive.

Le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, exprime ainsi en 1946 sa "profonde gratitude pour l'aide apportée par le Saint-Siège au peuple qui a souffert pendant les persécutions nazies".

Il faut attendre les années 1960 et la cicatrisation des plaies les plus vives pour que le rôle de Pie XII pendant la guerre soit examiné à la loupe. La pièce de théâtre Le Vicaire, en 1963, fait éclater la controverse. En 2002, le film Amen de Costa Gavras, inspiré de cette œuvre, rallume les flammes.

Il met en scène le silence assourdissant du Saint-Siège alors que des wagons entiers allaient tout droit vers la mort. Objet de culte ou incarnation des maux de l'Eglise catholique, la figure de Pie XII sort souvent de son contexte.

Quel est réellement le parcours d'Eugenio Pacelli ?

Le 12 mars 1939, l'homme d'Eglise, issu d'une famille de diplomates, succède à Pie XI.

Avant même son élection, il assiste aux premières loges à la montée du nazisme. Secrétaire d'Etat du Vatican (équivalent du ministère des Affaires étrangères), il participe à l'écriture de l'encyclique de son prédécesseur, "Avec une vive inquiétude".

Publiée en 1937, elle dénonce l'"idéologie de la race" et le nazisme.

Elu pape, Eugenio Pacelli met pourtant en sourdine les attaques contre le IIIe Reich. Que savait-il exactement des desseins d'extermination des nazis ?

Les historiens s'accordent, dans leur ensemble, à dire qu'il savait tout. Les appels au secours en provenance de Pologne, triste terre de Belzec ou de Treblinka, ne laissent pas de place au doute.

L'ambassadeur de Varsovie au Vatican, Casimir Papée, fait au pape un exposé funeste : "Les déportés sont mis à mort par différents procédés dans des lieux spécialement préparés à cette fin."

Par ailleurs, à partir de 1942, les Anglais et les Américains abreuvent le Saint-Siège de rapports détaillés. Face à la terreur nazie, de nombreux hommes d'Eglise vont mettre tout en œuvre pour sauver des Juifs.

Même Pie XII agit individuellement en faveur des Juifs de Rome. Mais aucune déclaration publique ne vient se dresser contre la barbarie du IIIe Reich.

C'est bien ce silence complice qui est reproché aujourd'hui au Saint-Siège et à Pie XII. L'histoire prouve que des prises de positions sans équivoque peuvent inverser le cours des choses ou au moins retarder leur dénouement.

En 1941, le sermon de l'évêque de Munster, Clemens-August von Galen contre l'assassinat programmé des malades mentaux et des handicapés en Allemagne a une portée considérable. Hitler finit par abandonner son plan face à la pression du clergé.

Pie XII : le "pape d'Hitler" ?

L'unique prise de parole de Pie XII face à la Shoah réside dans son homélie de Noël 1942. Il fait alors allusion à des "centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont destinées à mourir ou à disparaître peu à peu..."

Jamais les mots "Juifs" ou "nazis" ne sont prononcés. Trop vague, pas assez courageuse, cette déclaration fait l'effet d'un coup d'épée dans l'eau. Depuis le début de la controverse Pie XII, la ligne de défense du Vatican reste la même.

Le silence par peur des représailles contre les communautés chrétiennes : "Non seulement il n'est pas en mon pouvoir de freiner les actes criminels et insensés des nazis, mais une condamnation formelle ne ferait actuellement qu'entraîner le pire", écrit Pie XII dans son journal intime en 1942. Des historiens évoquent, par ailleurs, l'aversion profonde du pape vis-à-vis du communisme.

Dans ce contexte, le nazisme est un rempart contre Staline. Dans son histoire secrète de Pie XII, "Le pape d'Hitler", l'historien John Cornwell va jusqu'à affirmer qu'Eugenio Pacelli avait une "indéniable antipathie à l'égard des Juifs". L'écrivain pousse peut-être son analyse à l'extrême.

Mais il est incontestable que le silence papal à une époque aussi cruciale renvoie aux sombres souvenirs des pogroms orchestrés par les catholiques.

Dans l'Europe encore en guerre, quelques voix s'élèvent contre l'homélie frileuse de Pie XII. Dans sa revue Combat, Albert Camus écrit en 1944 : "Nous attendions que la plus haute autorité spirituelle de ce temps voulût bien condamner en termes clairs les entreprises des dictatures...


La grande foule des hommes attendait, pendant toutes ces années, qu'une voix s'élevât pour dire nettement où se trouvait le mal."


L'image de Pie XII réévaluée ?

Déjà attaqué sur le silence de Pie XII, le Saint-Siège doit aussi faire face à une autre polémique. En 2004, le journal italien Corriere della Sera publie une lettre datée de novembre 1946. Elle démontre que Pie XII a recommandé à l'Eglise de France de ne rendre que les enfants juifs non baptisés.

Les instructions du Saint-Siège sont claires : les nouveaux "Catholiques" ne doivent pas être "confiés à des institutions qui ne leur garantissent pas une éducation chrétienne". En dépit des controverses, la béatification de Pie XII est à l'ordre du jour depuis 1965.

Le processus aurait dû aboutir en 2001. Mais Israël est monté au créneau. Jean-Paul II décide au dernier moment d'échanger son dossier avec celui d'un autre pape plus lointain, Pie IX.

Craignant une polémique incontrôlable, le pape charge alors six historiens catholiques et Juifs de faire la lumière sur les actes du Saint-Siège pendant la Shoah. Ces derniers déclarent leur impuissance à trouver des réponses.

En cause : le refus du Vatican d'ouvrir ses archives complètes. Une mise au secret qui alimente encore davantage les fantasmes. En 2003, le Saint-Siège accepte finalement d'ouvrir ses cartons jusqu'en 1939. Problème : Pie XII n'est pas concerné. Son magistère suprême s'étend de 1939 à 1958.

Pourtant, quelques documents passent entre les mailles du filet. En mai dernier, Yad Vashem fait d'ailleurs une déclaration surprenante. Il pourrait "réévaluer" l'action d'Eugenio Pacelli pendant la guerre. Le directeur du musée, Avner Shalev, a indiqué avoir reçu des documents secrets favorables à Pie XII.

Le souverain pontife aurait ainsi donné des consignes à un couvent, situé à l'extérieur de Rome, pour abriter des Juifs en fuite. Ces documents réussiront-ils à redorer le blason bien terni d'un pape qui continue encore à faire parler de lui ?


http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?apage=1&cid=1242212404348&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

mercredi 6 mai 2009

Quand Chanel était « collabo »



"L’image que nous avons de Gabrielle Chanel, dite « Coco », a été soigneusement travestie par l’intéressée puis par sa descendance spirituelle. La couturière paiera ainsi dans les années 50 Louise de Vilmorin pour écrire une fausse histoire de sa vie. Ce qui apparaît au fil des vraies biographies apparaît beaucoup moins reluisant. Que Coco ait plus ou moins sombré à ses débuts dans la galanterie reste son affaire. Son antisémitisme viscéral, qui se manifeste dès les années 30, le devient déjà moins. Son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale apparaît, lui, nauséabond. Chanel ferme sa maison en 1940 pour s’installer au Ritz. C’est son droit. Mais elle y entame vite une liaison avec Hans Günther von Dinklage, « Allemand et sans doute espion » nous révèle un article paru dans L’Express en 1995.



Le même journal détaille un document « récemment déclassifié ». On apprend ainsi que Chanel a pris elle-même l’initiative de collaborer « et qu’elle était venue en discuter en avril 1943 à Berlin avec Walter Friedrich Schellenberg, l’homme de confiance d’Himmler ». Chanel va ainsi se retrouver prise dans la rocambolesque mission Chapeau de couture (Modelhut), qui vise à obtenir une paix séparée entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Le tout doit se conclure dans la Madrid, officiellement neutre, de Franco. Le fiasco sera total. Quel est alors le but de Chanel ? Récupérer ses parfums, vendus à l’entreprise (juive) des Wertheimer avant la guerre…

En août 1944, Chanel est arrêtée au Ritz. Une intervention de Churchill sauve ses cheveux et peut-être sa peau. Elle se voit néanmoins envoyée en exil à Lausanne. Schellenberg sera condamné à Nuremberg. Chanel ne devait pas avoir de trop mauvais souvenirs de Modelhut. Elle aidera financièrement l’homme à se refaire une situation lors de sa sortie de prison en 1951. Elle-même s’apprêtait alors à rentrer en grâce. Coco redéfilera à partir de 1954. La virginité, ça repousse parfois. "

Claire Marie FOULQUIER-GAZAGNES écrit que "Mais cette ambitieuse volonté recèle ses noirceurs : pendant la Seconde Guerre Mondiale, Coco Chanel tente de récupérer les parts du parfum n°5 détenu à 70% par la famille juive Wertheimer en profitant de l’antisémitisme ambiant."


Etienne Dumont

mardi 28 avril 2009

Commémoration de la conférence d'Evian 1938: un pardon qui sonne comme un avertissement



""À vendre les juifs qui les veut ? Personne !" titrait la presse nazie."

"Il aura fallu attendre plus de 70 ans, pour que soit commémorée à Évian cette fameuse conférence qui s'est tenue du 6 au 15 juillet 1938 dans les murs de l'hôtel Royal. Le sort des réfugiés juifs en dépendait, elle s'est clôturée sur un échec.

De nombreux parlementaires étrangers participant à la conférence sur le racisme à Genève (Durban II) étaient présents, hier, dans la petite synagogue aux côtés des représentants locaux dont le député-maire d'Évian, Marc Francina, et le président de la communauté israélite, Jean-Bernard Lemmel. Ils ont reconnu avec émotion l'énorme responsabilité de leur pays respectif et se sont insurgés contre le voile épais qui recouvre cette tragique page de l'histoire de la Shoah.

Juillet 1938, Franklin Roosevelt invite à Évian - Genève avait refusé d'accueillir cette rencontre - les représentants de toutes les nations du "monde libre" à s'engager pour le sauvetage des juifs victimes de la persécution nazie. Après l'annexion de l'Autriche, quelque 550.000 juifs sont soumis aux édits raciaux. Ils pouvaient alors encore quitter l'Allemagne, mais la question cruciale était de savoir où aller ? Proposition avait été faite à chaque pays d'accueillir
25.000 juifs. Elle a été déclinée par la plupart (lire ci-dessous). Même les 5.000 dollars en or offerts par la communauté juive de New York par juif accueilli n'ont pas infléchi leur position ! Le rendez-vous d'Évian s'est de fait retourné contre ceux qu'il devait sauver, donnant un blanc-seing à Hitler pour mettre en place sa solution finale. "À vendre les juifs qui les veut ? Personne !" titrait la presse nazie.

70 ans plus tard, les parlementaires des Pays-Bas, USA, Suisse, Australie, Suède, Irlande, Finlande, Allemagne et la France avec Georgina Dufoix ont demandé pardon au peuple juif.

Un pardon qui a pris une consonance particulière au regard des déclarations du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à la tribune de Durban II la veille. Propos condamnés avec véhémence : "ils appellent une réaction urgente et massive. Cet homme est habité par l'antisémitisme et, nous, nous savons à quoi mène l'antisémitisme" lançait l'ancienne ministre française de la Santé.

REPÈRES
PROPOSITIONS D'ACCUEIL FAITES EN 1938
La République dominicaine s'était illustrée à Évian, elle proposait d'accueillir jusqu'à 100.000 réfugiés. Le CIR (comité international pour les réfugiés) avait établi que l'offre était une manœuvre du président Trujillo pour remplacer la population noire par des juifs blancs. En clair : une véritable épuration ethnique ! Au final, 1.000 réfugiés y seront accueillis en 1940. Quelques juifs ont pu rejoindre l'Afrique, l'Amérique du Sud et des pays du Commonweath."

Source: article du 22/04/09 repris du site du Dauphiné Libéré

- Evian 1938 - Genève 2009, Tomas Sandell
- European Christians remember Evian 1938


http://philosemitismeblog.blogspot.com/

dimanche 26 avril 2009

LA MUSIQUE DANS L'ENFER DU CAMP DE TEREZIN


Le camp de Terezin.
Photo: AP , JPost
Par DAVID HERSCHEL


Fondée en 1790 par l'Empire d'Autriche pour servir de ville de garnison, Terezin (Theresienstadt) se trouve en Bohême du Nord, à 60 km de Prague. Quand les nazis prennent le contrôle de la ville, ses remparts impénétrables leur semblent idéalement conçus pour en faire un camp de transit destinés aux Juifs des pays tchèques et autres Etats limitrophes.

Fin 1941, sept-mille Juifs tchèques y sont détenus. Jusqu'à la débâcle allemande, Terenzin verra transiter environ 140 000 Juifs : 33 000 mille mourront sur place de famine ou de maladie, et 88 000 seront déportés vers Auschwitz ou d'autres camps d'extermination.

Comble de l'infamie, les nazis utilisent le site comme instrument de propagande pour faire taire les inquiétudes de la Croix-Rouge. De nombreux artistes juifs étaient internés à Terezin, dépêchés par les nazis depuis toute l'Europe : peintres, cinéastes, musiciens, dramaturges, leurs talents devaient être instrumentalisés pour cacher leur propre mise à mort et celle de millions de leurs coreligionnaires.

Et paradoxalement, du point de vue des artistes eux-mêmes, former des orchestres, monter des spectacles, était une forme de résistance à l'oppression et au désespoir. Créer pour garder le sentiment de leur propre dignité.
Rescapée du camp, Greta Hoffmeister donnera sa propre définition du mot musique à Terezin : « La musique était la vie ! »

Au milieu de la terreur, de la torture et de l'humiliation, se montent des opéras à Terezin, sur des scènes de fortune : La Fiancée vendue et Le Baiser de Smetana, les Noces de Figaro de Mozart, mais aussi le Requiem de Verdi, Elijah, l'oratorio « biblique » de Mendelssohn, ou encore Brundibar, l'opéra pour enfants du compositeur tchèque Hans Krasa, chanté par les petites victimes avant leur départ vers « l'Est », une œuvre destinée à devenir le symbole de la vie musicale dans le camp.

Les œuvres laissées par les quinze compositeurs internés sont d'une extraordinaire qualité, et empreintes d'un intense lyrisme. Outre Krasa, dont le Brundibar fait l'objet de plusieurs versions discographiques, Viktor Ullmann, Pavel Haas et Gideon Klein se détachent particulièrement. Enregistrées aujourd'hui par les meilleurs interprètes, leurs œuvres - dont une partie seulement nous est parvenue - permettent de comprendre à quel point la Shoah est une tragédie non seulement humaine, mais culturelle : les chefs-d'œuvre laissés par ces jeunes gens assassinés auraient auguré, dans d'autres circonstances, de destins artistiques majeurs.

Il est permis de penser que les grandes révolutions musicales de la seconde moitié du 20e siècle, sans en être foncièrement bouleversées, auraient éprouvé leur empreinte et leur influence.
Gideon Klein était le plus jeune d'entre eux, et sa mort, considérée comme la plus grande perte de la musique tchèque. Né en 1919, pianiste virtuose, il donnait à Terezin de nombreux récitals, se servant de sa seule mémoire pour interpréter un vaste répertoire. Sa Sonate pour piano poursuit un atonalisme libre, un expressionisme, proches d'Alban Berg mais très personnels ; son Trio à cordes utilise des éléments folkloriques moraves, qui évoquent Janacek et Bartók.

Viktor Ullmann, ancien élève d'Arnold Schönberg, laissait plus librement cours à sa veine romantique. Sa rencontre avec l'enfer de Terezin devait raviver le sentiment de son identité juive : dans le camp, il compose des mélodies sur des textes hébraïques et yiddish. Parmi ses vingt-cinq (!) pièces écrites à Terezin, se détache l'opéra L'Empereur d'Atlantis, satire saisissante du totalitarisme, qu'il n'entendra jamais… Comme le raconte Alexander Goldscheider, Ullmann, craignant le pire, n'emportera pas ses œuvres avec lui lorsqu'il est déporté vers Auschwitz. Il laissera des instructions pour que ses partitions soient transmises secrètement de main en main. Grâce au courage de ses amis, ses œuvres lui survivront.

Quant à Pavel Haas, seules trois de ses pièces écrites à Terezin nous sont parvenues, dont les Quatre Chants sur des Poèmes Chinois, tour à tour désespérés et nostalgiques. Ils évoquent une terre natale, lointaine, que l'auteur languit de revoir un jour. Pour Haas, pas plus que pour Ullmann, Krasa, Klein et leurs compagnons de talent et d'infortune, cet espoir ne se réalisera.


Discographie sélective :

Pavel Haas : Quatuors à cordes, par le Quatuor Kocian. Praga Digitals, dist. Harmonia Mundi.

Music from the Holocaust : œuvres pour piano de Haas, Ullmann, Klein, Karel Berman, par Paul Orgel, disque Phoenix PHCD 161

Hans Krasa : Brundibar. Dir. Joza Karas. Channel Classics Records, collection Composers from Theresienstadt.

Viktor Ullmann: Symphonies n°1 et n°2, Six Lieder, Don Quixote Tanzt, Fandango. Dir. James Conlon, Capriccio 67017.

"La Shoah fut le fruit noir de l’antisémitisme"




Père Patrick Desbois
"Nous travaillons pour que le Monde sache qu’il y a eu des Hommes et des Femmes qui voulurent construire un Monde en éradiquant de la Terre le peuple du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. La Shoah fut le fruit noir de l’antisémitisme."(Père Patrick Desbois)

"Je sais, depuis, que les morts dépendent entièrement de notre fidélité." (Guillaume Ribot, photographe)

"Depuis plus de 5 ans, l'association Yahad-in Unum - "Ensemble" en hébreu et en latin part en Biélorussie et en Ukraine pour rechercher les fosses communes des Juifs, des Tziganes fusillés entre 1941 et 1944 par les unités du II° Reich.

Les voisins ukrainiens et biélorusses des Juifs assassinés veulent parler avant de mourir.

Ils avaient été réquisitionnés par les nazis pour creuser les fosses, au petit matin, pour transporter les Juifs du village à la fosse en chariots, à cheval, pour combler les fosses alors que les Juifs ne sont bien souvent que blessés par les tirs, Yahad-in Unum a retrouvé plus de 850 sites d’extermination, la plupart étant inconnus, et établi les preuves balistiques, archivistiques, de mémoire orale, qui montrent sans aucun doute possible que des femmes, des enfants, des vieillards ont été fusillés en Ukraine et en Biélorussie, uniquement parce qu’ils étaient Juifs. A Bodgdanivka, la fosse contient plus de 42000 juifs. Plus de deux millions de juifs ont été tués comme des animaux et enterrés comme des animaux dans des fossés, derrière les églises, dans des parcs. C’était la Shoah par balles.

A l’Est de l’Europe la vérité de la Shoah réside dans la conscience des pauvres. Il y a une semaine j’étais en Biélorussie avec mon équipe. Ivan, 78 ans, raconte : Chaque fois que les nazis assassinaient des familles juives dans le Ghetto de Brest, nous, les prisonniers soviétique, étions forcés d’emballer dans des grandes caisses en bois les biens des juifs pour les vendre aux enchères sur le marché. Dans chaque caisse nous devions mettre une paire de chaussure, une robe, des bijoux, puis fermer la caisse. Après l’extermination totale du Ghetto, il a fallu faire venir plusieurs camions pour emmener les caisses des biens juifs au marché de la ville. Les pauvres gens de l’Est veulent aujourd’hui que nous sachions qu’un continent entier fût transformé en continent d’extermination. Hanna, tremblante, les yeux baissés murmure : Moi j’ai été forcée de marcher sur les corps des Juifs après chaque fusillade pour faire de la place dans la fosse. Puis ma classe de jeunes filles juives est arrivée. Ils ont tiré. J’ai du marché sur elles comme les autres. Nous avons retrouvé plus de 900 témoins ukrainiens ou biélorusses présents aux fusillades des juifs.

Pourquoi Yahad-in Unum sacrifie son énergie pour retrouver les fosses des Juifs tués dans la Shoah par balles ? Tout d’abord pour leur rendre dignité et qu’ils puissent enfin recevoir un Kaddish. Ils ont été tués comme des animaux et enterrés comme des bêtes. Aujourd’hui bien souvent, des maraudeurs ouvrent les fosses pour chercher l’or dentaire. Mais aussi parce qu’il y a aujourd’hui sur notre planète des individus et des groupes qui organisent une propagande pour prétendre que la Shoah n’a pas existée, que c’est un mensonge pour justifier la naissance d’Etat d’Israël. Le négationnisme n’est pas une position intellectuelle. Il n’y a pas de négationniste sans antisémitisme. Le négationnisme veut ôter de façon odieuse toute légitimité au peuple juif.

Certains négationnistes se prétendent catholiques, d’autres sont président de l’Iran, tous sont issus de la même lignée. Le négationnisme est un héritage d’Himmler et d’Heydrich qui en juillet 42 ont décidé de déterrer et brûler les corps des juifs fusillés dans l’opération secrète appelée 1005. L’opération 1005 était la maison mère des négationnistes. Ne l’oublions pas ! Le premier négationnisme était un négationnisme de brasiers.

Yahad-in Unum, ensemble nous ne travaillons par pour demain, mais pour après-demain lorsque les survivants seront rares parmi nous. Nous travaillons pour que le Monde sache qu’il y a eu des Hommes et de Femmes qui voulurent construire un Monde en éradiquant de la Terre le peuple du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. La Shoah fut le fruit noir de l’antisémitisme.

L’antisémitisme est un péché contre Dieu et contre l’Humanité, répétait le pape Jean Paul II.

Malheureusement un péché ne meurt jamais. Beaucoup cherchent à ce que nos voix se taisent. Nous ne nous tairons pas, car le sang d’Olga, 4 ans fusillée à Simferopol, de Itzrik, 7 ans fusillé à Busk, d’Edip, 16 ans fusillé à Tarnopil. Le sang d’Abel assassiné par Caïn ne cesse de crier vers le Ciel.

Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas, condamner les Enfants assassinés dans la Shoah au silence, nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas construire un monde moderne sur les milliers de fosses communes inconnues des juifs assassinés. Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas bâtir le monde en demandant à Abel de se taire."


Père Patrick Desbois
Discours prononcé lors du Yom Hashoah le 20 avril à Genève

Photo : D.R.
Source: CRIF

Guillaume Ribot, les yeux sur la Shoah

jeudi 23 avril 2009

Un Arabe parmi les Justes



Photo: DR , JPost
Par MORDECAI PALDIEL


Jusqu'à présent, Yad Vashem a refusé de récompenser le Tunisien Khaled Abdoul Wahhab et de l'honorer du titre de Juste, affirmant que son geste, tout méritant qu'il soit, n'avait pas été réalisé au péril de sa vie. Condition élémentaire pour la nomination de Justes depuis la création du musée de la Shoah, le principe de "au péril de sa vie a subi, au fil des années, diverses interprétations.

Comme l'avait fait remarquer le juge Moshé Bejski, président de la Commission pour la Désignation des Justes pendant 25 ans (de 1970 à 1995), ce critère n'impliquait pas que le sauveteur devait avoir le couteau sous la gorge quand il offrait son aide aux Juifs. Le seul fait de se placer en situation périlleuse ou d'être menacé constituait un risque (c'est d'ailleurs Bejski lui-même qui a initié à cette nuance).

L'exemple de Paul Héritier illustre bien cette situation. Résidant de Chamalières (dans la région de Clermont-Ferrand), il possédait aussi une maison de vacances à Chaumargeais, village situé à quelque 75 kilomètres, qu'il mit à la disposition d'André Chouraqui pour des opérations de résistance sous le régime de Vichy en 1942. Héritier ne vivait pas dans cette maison secondaire, visitait rarement la région, et n'était impliqué en aucune manière dans les activités de Chouraqui. Et pourtant, en 1991, il reçu le titre de Juste. Avec pour justification : bien qu'il n'ait pris aucun risque pour sa vie - les autorités vichystes n'imposant pas la peine de mort aux personnes secourant des Juifs - arrestation voire emprisonnement restaient toujours possibles. Donc, "risque" il y avait.

Nombreux sont les exemples d'hommes et de femmes qui ont porté, de diverses manières, assistance à des Juifs et que Yad Vashem a déclaré Justes même si les risques encourus, certes réels, ne menaçaient pas directement leurs vies. C'est le cas du pasteur André Trocmé qui a transformé le village français de Chambon-sur-Lignon en havre de paix pour des centaines (voire des milliers) de Juifs. Aux questions des gendarmes dépêchés sur place suite à une visite de Georges Lamirand, ministre dans le gouvernement de Vichy, il répondra simplement qu'il continuerait de protéger les Juifs fuyant le nazisme. Il sera emprisonné un certain temps puis libéré. En 1971, Yad Vashem lui a rendu hommage en l'honorant, lui et sa femme Magda, du titre de Juste.

Quant à Khaled Abdoul-Wahhab, il a conduit dans son minibus, après un couvre-feu, un groupe d'une vingtaine de Juifs depuis l'usine d'huile désaffectée de Mahdia (Tunisie) où ils étaient parqués, à sa résidence. Le petit groupe est resté cloîtré près d'un mois dans sa ferme, à 30 kilomètres de la ville, à l'abri de toute menace allemande. Des faits entièrement confirmés par deux de ses protégées, Annie Boukris et Edmée Masliah.

Lors de son témoignage, Annie Boukris s'est vue demander de but en blanc, si, selon elle Khaled Abdoul-Wahhab avait pris des risques en agissant ainsi. Elle a énergiquement affirmé qu'il aurait pu être tué. Peut-être exagérait-elle les risques, peut-être pas. Mais comment savoir, alors que les Allemands avaient les pleins pouvoirs et réduisaient la population juive à l'esclavage et au paupérisme, comme première étape de leur plan diabolique ?

Khaled Abdoul-Wahhab n'a-t-il pas mis en péril sa propre sécurité et son propre confort ? N'a-t-il pas risqué d'être interrogé, voire arrêté par les Allemands ? Le colonel SS Walter Rauff (l'inventeur des chambres à gaz en Pologne), affecté en Tunisie, n'a pas tardé à faire subir des sévisses aux dirigeants juifs, à envoyer des milliers de Juifs aux travaux forcés - où certains ont péri - et esquissait déjà des plans pour de futures déportations vers les camps de concentration (pour plus de détails, se référer à Michel Abitbol : Les Juifs d'Afrique du Nord sous Vichy). Quand Khaled Abdoul-Wahhab cachait ces deux familles dans sa propriété, il prenait le soin de leur faire enlever leur étoile chaque fois que des Allemands venaient de la base de la Croix-Rouge voisine, évitant ainsi tout risque pour ses protégés comme pour lui-même. Puis, les armées britannique et américaine ont rapidement vaincu les Allemands et la Tunisie sera libérée le 6 mai 1943. C'est donc sains et saufs que les Juifs d'Abdoul-Wahhab ont recouvré la liberté.

Paul Héritier, qui n'avait accueilli aucun Juif dans sa résidence secondaire, mais seulement autorisé une personne à l'occuper en son absence, a été reconnu comme Juste. S'il avait été arrêté, les autorités n'auraient jamais envisagé la peine de mort. En fait, sur aucun registre ne figure l'exécution d'un Français par le régime de Vichy pour avoir aidé ou même hébergé des Juifs. Et pourtant, on a refusé le titre de Juste à Abdoul-Wahhab. Non pas parce qu'il n'a pris aucun risque, mais parce que Yad Vashem a choisi d'appliquer pour la Tunisie les strictes conditions concernant les sauveteurs en Pologne. Et ils ont jugé que sa vie n'était nullement en danger.

Enfin, il est important de souligner que la Commission chargée de la désignation des Justes opère à deux niveaux : il existe trois sous-commissions qui traitent des affaires simples, claires et sans polémiques, et une commission plénière qui, elle, est affectée aux cas complexes pouvant être longuement débattus - à l'exemple de celui de Khaled Abdoul-Wahhab. Ainsi, pourquoi Yad Vashem n'a pas choisi de soumettre à cette dernière ce cas précis, à la lumière des nouvelles preuves apportées ? L'administration du musée a-t-elle préféré se réserver le droit de trancher elle-même sur le sujet, ignorant le rôle de la commission réservée à cet effet ?


L'auteur est l'ancien directeur du Département des Justes parmi les nations de Yad Vashem et enseigne actuellement à la Yeshiva University de New York.